NOTION DU DOGME. O
ni agrandissement, ni modification, parce que le christianis e est la clé de voûte, le point culminant de toutes les révélations de Dieu à l'humanité.
De nos jours, il est vrai *, on a prétendu que la mission essentielle du christianisme consistait à fonder une vie nouvelle au sein de l'humanité ; qu'un système de doctrine ne pourrait se développer que sur cette base, qu'il pourrait par conséquent changer selon la diversité des temps et des hommes, sans que le christinianisme eût à en souffrir. On oublie que le Seigneur a commencé l'œuvre de notre rédemption par son ministère public, qu'il a envoyé ses' Apôtres dans le monde pour publier d'abord son Évangile et pour enseigner ; car la vie nouvelle de l'humanité doit commencer par supprimer l'ignorance et l'erreur et donner une science nouvelle, celle de la foi 2. La doctrine n'est donc pas dans le christianisme, quelque chose de dérivé et de changeant ; elle est au contraire l'élément premier et constitutif de la révélation chrétienne, et comme elle vient immédiatement de Dieu, elle doit être éternelle et immuable aussi longtemps que la vérité divine exclura tout changement et toute altération.
Le fond de la révélation divine est déposé dans les saintes Ecritures de l'ancien et du nouveau Testament et dans la tradition verbale, ainsi que l'Histoire des Dogmes le démontrera en lieu opportun. Nous pouvons donc affirmer aussi que la substance des dogmes chrétiens doit être puisée à ces deux sources ou à l'une d'elles, et que toute doctrine qui ne peut se ramener à l'une ou à l'autre, ne saurait être tenue pour divine et immuable, c'est-à-dire pour un dogme.
Notre-Seigneur en effet a fait connaître de vive voix à ses Apôtres les vérités de la foi qu'il a ajoutées aux révélations de l'ancien Testament, ou plutôt par lesquelles il les a complétées et scellées : et les Apôtres les ont transmises
1 Neander, Hist. des dogmes (publiée par Jacobi), p. 8 : « L'essence du » christianisme ne consiste pas seulement dans un système d'idées, mais » dans une direction de la vie intérieure... Il peut donc y avoir des diver- » gences dans les dogme3, puisque les hommes, en vertu de l'essence du » chritsianisme, sont égaux entr'eux. » — * Rom., i, 17 ; Hebr.y x, 38.
à leurs successeurs par le m<* aal, tout anl
par écrit une grande portion de La vérité révélée. Ce sont
donc les Apôtres qui les pr ont donné du crédit
l'autorité aux sources de la r jvélation, mais par là ils n'ont pas abdiqué en face dos Saintes Ecritures leur autorité enseignante. Ils l'ont au contraire, transmise à leurs suc seurs les évêques, avec le pouvoir d'enseigner, qu'ils avaient reçu et l'assistance du Saint-Esprit. Ce pouvoir institué dans l'Eglise avait pour objet de veiller sur le fond de la révélation divine, de la propager dans sa pureté et son intégrité jusqu'à la fin des temps, par l'Ecriture sainte comme par l'enseignement verbal , de conserver aux sources de la révélation, l'autorité nécessaire, d'attester que les saintes Ecritures sont des livres inspirés et que les traditions orales émanent des Apôtres. La tradition verbale pouvait être aux yeux du Seigneur un moyen convenable de propager sa doctrine et de la conserver, comme la source où chacun irait puiser le fond de la révélation, vu que par une assistance spéciale du Saint-Esprit, il protégerait son organe, le corps enseignant de l'Eglise, contre toute erreur ou qu'il mettrait sa doctrine traditionnelle à l'abri de toute falsification. C'est seulement dans le sens objectif, comme expression des doctrines transmises de vive voix par les Apôtres, que la tradition figure à côté de l'Eglise comme une autorité.
Le corps enseignant et infaillible de l'Eglise était encore nécessaire, et le Seigneur lui-même l'avait institué, afin que chacun pût arriver sûrement et facilement à la possession de la vérité révélée et à la connaissance des dogmes.
Supposé en effet qu'un individu parvînt , après un examen impartial à puiser sûrement, sans le secours du corps enseignant, quelques vérités dogmatiques dans l'Ecriture ou dans la Tradition, qu'il parvînt à les croire de foi divine, et à développer ainsi un certain nombre de dogmes, il ne pourrait pas imposer tous les dogmes qu'il aurait découvert? par ce moyen, ni astreindre tous les fidèles à les adopter. Dans ce cas, l'individu n'aurait trouvé que pour lui-même l'objet de sa foi divine. Mais ce moyen est impraticable pour l'immense majorité du genre humain,