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NOTION DU DOGME

incapable d'entreprendre de pareilles recherches; et en gé eral il ne conduit pas à la certitude quand il s'agit d'acquérir toutes les connaissances révélées, de s'initier aux doctrines mystérieuses et suprarationnelles du christianisme, que la raison individuelle court risque d'interpréter dans les sens les plus divers. Il n'y a parmi les hommes qu'une autorité infaillible et perpétuellement vivante, l'autorité de l'Eglise qui puisse initier l'individu, sans recherches .pénibles, à toutes les vérités de la révélation , lui donner la connaissance de tous les dogmes ; elle seule est en mesure de veiller sur le sens exact des mystères et de rejeter comme erronnees, les interprétations fautives ; elle seule a l'autorité nécessaire pour vider les controverses que suscitent les explications divergentes des sources de la foi, pour expliquer et interpréter les dogmes, pour leur donner une expression conforme aux besoins de chaque époque, afin que chacun puisse les distinguer des hérésies qui les dénaturent ; elle seule a reçu les pouvoirs nécessaires pour imposer à tous comme une règle de foi obligatoire les dogmes expliqués et correctement formulés par elle, et pour maintenir l'unité de foi parmi les hommes.

En conséquence, 2° pour qu'une vérité de foi, un :dogme, puisse s'imposer à tous les hommes comme obligatoire, nous exigeons qu'il soit admis par le corps enseignant et infaillible de l'Eglise et proposé à notre croyance. Notre- Seigneur n'a pas promis à l'Église qu'eue recevrait dans le cour des âges d .s révélations nouvelles, qu'elle aurait à agrandir le trésor des vérités qui lui était confié ; le Saint- Esprit lui a été promis et il est descendu sur elle, pour lui enseigner toute vérité et lui rappeler tout ce que le Seigneur lui avait dit *. L'Eglise a donc pour devoir de transmettre à tous les peuples de la terre, les vérités qu'elle a a reçues, de les conserver intactes et de les expliquer d'une manière infaillible jusqu'à la fin des temps ; elle doit mettre tous les hommes en mesure d'acquérir la foi véritable et complète à toutes les vérités de la révélation. S'il nous fallait, par nos recherches personnelles et sans le secours

5 Jean, x,v, 26.

de l'Eglise, découvrir la règle de la f KMirces

];i » ion ; si une prétendue inspiration devait manifes-

ter le sens de l'Ecriture à tous ceux qui la lisent, l'homme ne serait que trop sujet à se tromper sur sa foi divine, car en croyant se soumettre à la parole < e Dieu, iJ n'obéirait qu'à sa raison individuelle. Ce n'est que par l'entremise d'une autorité vivante et infaillible que la vérité divine se présente à chacun comme quelque chose d'objectif, de positif; voilà la règle de foi et la seule qui pourvoie -uffisamment à la conservation de la vérité divine, comme aux besoins de l'humanité.

Ainsi notre règle de foi n'est autre que la doctrine de l'Eglise universelle ou du corps enseignant et infaillible qui réside en elle, et le fond même de cette foi doit se trouver dans les deux sources de la révélation. Ces deux propriétés du dogme s'appellent mutuellement : l'Eglise ne propose à notre croyance aucun dogme qui ne soit contenu dans les sources de la révélation, et nulle doctrine de foi ne peut faire partie des enseignements de l'Ecriture et de la Tradition sans être enseignée par l'Eglise. Pour l'expliquer en détail, nous allons considérer les différentes espèces de dogmes.

L'enseignement de l'Eglise est ordinaire ou extraordinaire : ordinaire, quand il s'exerce par la prédication de l'Evangile, par l'enseignement des vérités du salut, par l'explication et le développement de la science théologique; extraordinaire, quand l'Eglise, en face des hérésies qui surgissent, est obligée de prononcer une sentence solennelle et décisive pour démasquer l'erreur et lui opposer la vérité. Il y a donc : dogmata communi Ecclesiœ magistro proposita, et dogmata defimtione Ecclesiœ declarata. Ce serait une erreur grossière de prétendre que cela seul fait partie du dogme de l'Eglise qui a été solennellement déclaré tel par un concile universel. L'Eglise exerce sans interruption son magistère, et elle jouit alors de l'assistance du Saint-Esprit aussi bien que dans les conciles universels. Dès qu'il est reconnu, dès qu'on peut savoir avec certitude par des voies raisonnables que l'Eglise, universellement et à l'unanimité, enseigne telle vérité comme un dogme, comme une partie constitutive de la doctrine révélée, cette vérité

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