L'Epitre a Diognète, d'un auteur inconnu, mais qui
1 Ch. v. — » Lib. III, sim, ix. — 3 Ibid», cap. xn. — ■' Ibid., cap. xiv. — 5 Lib. II, Mand., ix-xi.
appartient indubitablement à la première moitié du deuxième siècle *, contient les déclarations les plus précises sur la personnalité éternelle du Verbe et son rapport avec le Père ; car, après avoir comparé le christianisme au paganisme et au judaïsme, il ajoute 2 : « Dieu lui-même, le tout-puissant et le créateur de toutes choses, l'invisible, a envoyé du ciel parmi les hommes la vérité, et le Verbe saint, incompréhensible, et a voulu qu'il fixât sa demeure dans leurs cœurs. Celui qu'il a envoyé n'est pas un ange, comme on le pourrait supposer, ou quelqu'un qui domine sur les choses de la terre, ou qui soit chargé du ciel; c'est l'artisan et le créateur de tout, par lequel il a fondé les cieux et assigné des bornes à la mer ; ses lois sont fidèlement observées par tous les êtres. — Il l'a envoyé aux hommes non pour inspirer la crainte ou exercer sur eux un empire tyrannique, mais dans des vues de douceur et de mansuétude, comme un roi envoie son fils en qualité de roi
il l'a envoyé comme un Dieu aux hommes Un jour, il
l'enverra en qualité déjuge, et qui pourra subsister ^uand il viendra. »
L'auteur, passant aux effets du christianisme , le dépeint de rechef comme un ouvrage de Dieu : « Ne voyezvous pas comment ils (les chrétiens)isont jetés aux bêtes, afin qu'ils renient le Seigneur, et cependant ils ne sont pas vaincus? Voyez-vous comme leur nombre s'augmente à mesure qu'on les met à mort ? Ce ne sont pas là, ce me semble, [les œuvres d'un homme; c'est la puissance de Dieu et le signe de son apparition. » La transformation morale opérée par le christianisme dans les individus comme dans toute la race, est décrite avec le même enthousiasme, et le Sauveur est appelé à diverses reprises le fils unique de Dieu (uio; ÏSto;. ^ovo;, ^ovoyev^ç) et il est dit que Dieu lui-même s'est manifesté en Jésus-Christ 3.