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LE SYMBOLE DE NICÉK

site assembler un concile universel. L'empereur onstantin, probablement après s'être concerté avec le pape Sylvestre, prit les dispositions indispensables, et dès l'an 325, trois cent dix-huit évêques se réunissaient àNicée, sous la présidence des légats du pape.

Leur tâche consistait à s'expliquer clairement et distinctement sur le point doctrinal qui était en question, à se prononcer sur les propositions d'Arius, et, comme elles étaient manifestement hérétiques, à formuler la doctrine de l'Église pour l'opposer à ces opinions. Dès les discussions préparatoires, l'attention des esprits se porta sur un prêtre de l'Église de Constantinople, nommé Alexandre, et principalement sur un jeune diacre de l'Église d'Alexandrie, saint Athanase. Il s'agissait notamment d'enlever toute échappatoire aux ariens, aux semiariens ou eusébiens, afin qu'ils ne pussent cacher leur hérésie derrière des expressions de l'Écriture sainte et des Pères, et de les obliger à se prononcer pour ou contre la doctrine de l'Église, afin que la vérité chrétienne fût connue de tous. Le symbole des apôtres ne suffisait point à ce dessein ; cependant, on le prit pourpoint de départ, afin d'y insérer les explications nécessaires; car l'Église continue toujours d'édifier sur les symboles dogmatiques des âges précédents, qui sont l'expression infaillible de la foi. Il fallait donc distinguer d'abord entre la génération du Fils et la création des choses finies. Il ne semblait pas suffisant aux Pères de dire du Fils qu'il est engendré et non créé (yewYiôslçoù Tzoïrfieiç) { ou qu'il est de Dieu (lx toïï 0sou), car les ariens prétendaient (d'après / Cor., vin, 6) qu'on peut le dire aussi du Verbe créé. Ils enseignèrent donc que le Fils est engendré de l'essence du Père (l<i ou<naç toïï ïlarpoç). Ils voulaient dire par là qu'il n'a pas été appelé du néant à l'existence par un acte libre de la volonté de Dieu, comme les autres créatures, mais qu'il est avec le Père 2 en communauté de nature, qu'il a été engendré par une communication de nature, en sorte que la nature du Père ne peut être conçue sans celle du Fils 3. Ainsi, les Pères n'avaient point encore achevé leur tâche en faisant sortir le Fils du rang

1 Athan., De decr. Nie. syn.,cap. xix. — 2 Athan., De syn., cap. xxxvi. — 3 Cf. Athan., De decr. Nie. syn» (page 297), cap. xix, xx.

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des créatures et en Je mettant avec le Père dans un rapport de nature ; car il y avait déjà parmi les partisans d'Arius une foule de semiariens, ou un parti assez important d'eu qui, sans prétendre que le Fils était une créature, ne le mettaient pas cependant, comme faisaient les orthodoxes, au même niveau que le Père ; ils croyaient à une subordination essentielle du Fils au Père. Or, cette manière de concevoir le mystère de la Trinité n'était pas encore condamnée par les expressions du Symbole, puisqu'ils admettaient aussi que le Fils est engendré de la nature du Père.

Les Pères demandèrent donc qu'on y ajoutât d'abord que le Verbe est la propre vertu et l'image du Père, qu'ii lui est en tout égal et semblable, qu'il est immuable, éternel et inséparablement uni à lui ; car il n'y eut pas de temps où il n'était pas. Le Verbe a toujours existé, il a toujours été auprès du Père, comme l'éclat de sa lumière l. Cependant les ariens et les semiariens pouvaient cacher leur interprétation du mystère de la Trinité derrière ces expressions que l'Écriture applique aussi aux êtres finis, comme lorsquelle dit (/ Cor., xi, 7) que l'homme est l'image de Dieu, que nous sommes des dieux (Ad., xvn, 28). Il s'agissait donc de préciser, en face de l'hérésie, le sens des expressions bibliques concernant Notre-Seigneur.

Pour cela, il n'y avait point de ternie plus propre que celui que le pape Denis avait déjà employé vers le milieu du troisième siècle : o^oouawç. 11 devait signifier deux choses, premièrement que le Fils n'est pas une nature subordonnée, essentiellement autre et moins parfaite que le Père ; deuxièmement, que la nature du Père et du Fils est la même numériquement, en sorte que le Père et le Fils possèdent de la même manière une seule et même nature ; qu'ils ne sont pas l'un à côté de l'autre, mais l'un [dans l'autre. En d'autres termes, il fallait établir entre la nature du Fils et la nature du Père, non pas seulement une égalité spécifique qui aurait permis de le^. concevoir encore comme juxtaposées et hors l'une de l'autre ; mais l'unité numérique de la nature dans le

1 Athau., De decr. Nie. syn., cap. xx (p. 268) : Twv Ôs stuctxûtuov -reàXiv Xe70vtojv oe?v Ypacpyjvat Suvapuv aYï)6ivYJv xal eîxova "aîi Tratpoç to'v Xoyov, ojj.otdv x£ xal a7rapàAXaxxov aùtiiv xorrà 7càvxa tô» Trorcpi, xal à~p£7rrov, xal àet xal âv aÙTfp elvai àSiaipÉTioç* ouûetcote yàp oùx Vjv, aAÀ' vr] 6 Aoyoç aei.

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Père et dans le Fils. Ce dernier point, le mot ojjlooucnoç ne l'exprimait pas sans doute auss; explicitement que le premier, que la eonsubstanti alité essentielle du Père et du Fils ; cependant il contenait aussi implicitement l'unité numérique, à moins qu'on n'admett que les Pères aient voulu subsidiairement laisser place à l'idée de deux êtres divins, après avoir si nettement formulé au commencement du symbole le dogme de l'unité de Dieu. C'est pourquoi saint Athanase disait : « Sous le rapport corporel, deux choses peuvent se ressembler, sans être l'une dans l'autre et tout en et tnt séparées par un long espace, comme il en est des enfants et de leurs parents. Il n'en est pas ainsi des rapports du Père et du Fils. Le Fils n'est pas seulement semblable au Père; il est encore substantiellement inséparable de lui. Lui et le Père sont un, comme il le dit lui-même, et toujours la Père est dans le Verbe comme le Verbe dans le Père ; c'est absolument le même rapport que celui du rayon à la lumière d'où il sort : voilà ce que veut dire le mot o^oouaioç *. » Mais s'il en est ainsi, ce même mot contenait une réfutation de l'hérésie sabellienne. De même qu'on ne peut dire de deux hommes qu'ils sont consubstantiels ou qu'ils portent le même nom, que lorsqu'ils sont deux personnes distinctes ; de même on ne saurait dire du Père et du Fils qu'ils sont consubstantiels, s'ils ne conviennent quant à la nature, et ne se distinguent quant aux personnes. « Ce mot, dit saint Basile 2, nie l'identité des hypostases et implique la distinction des personnes. Car une chose n'est jamais consubstantielle à ellemême, mais toujours à une autre. »

On voit par là, que cette expression devait nécessairement devenir la devis*, des orthodoxes ; elle éventait tous les artifices exégétiques des ariens, car il n'était pas possible d'y attacher un sens arien ou semiarien. Chez plusieurs semiariens, la dispute se porta plus tard presque exclusivement sur ce mot, qu'on se disait obligé de rejeter comme

n'étant pas biblique, parce qu'il supprimait en Dieu toute distinction et impliquait le sabellianisme. On voit par là en même temps combien les Pères de Nicée avaient eu raison de chosir ce terme, et avec quelle précision il énonçait la doctrine de l'Église. Dans ses anathématisrnes ajoutés au symbole, le concile rejette enrore expressément quelques assertions des ariens : 1° qu'il fut un temps où le Fils n'était pas encore ou n'était pas encore engendré; 2° qu'il a été tiré du néant ; 3° qu'il est d'une autre essence ou nature * ; 4° qu'il est changeant et muable. Sur la doctrine du St-Esprit les Pères crurent opportun de ne rien décider encore au-delà de ce qui était contenu dans le symbole des apôtres, par cette raison entre autres que les ariens ne s'étaient guère attaqués qu'à la divinité du Fils. Voici donc en quels termes le symbole, y compris les anathématisrnes, était conçu :

IIiaTcuo^EV st; evoc 0sov, TOxxspa 7tavTOxpàropa, 7càvTiov ôpaxwv te xal àopâriov Tzoirfr/\v xal £tç sva xupiov Iyjaoïïv Xpicrrov, tov utov tou 0eo?,

YEVVY]6ÉVTa EX TOU TOXTpOÇ [J.OVOYEVTJ, TOUTSOTIV EX TYJç OLKTIOCÇ TOU TZKTûÔÇj

0eov ex 0eoïï, cptoç ex çtoTo'ç, Qzov àXir)8ivov EX 0£OU àXrjôivoïï, YEVVYjÔevTa, ou 7rot7)6£VTa, ôj/ooutriov tw 7raxpi, Si ou Ta TtavTa e^evêto, toc te ev tw oupavw xai toc eVi ttjç yyJç* tov ôY f)(J.aç touç àv6pto7rouç xal oià ttjv vifjLETçpav ariOTY)piav xaTE^ÔovTa xal aapxcoÔEVTa, xal Evav6pco7t7faavTa, 7ra6ovTa xal àvaaTavTa ttj TpiTV) r^Âçxx xal àvsXôdvTa eîç touç cupavouç, xal sp/o;j.svov xpTvai ÇwvTaç xal VEXpouç* xal eiç to 7rv£u[j.a aytov touç oÈ Xeyovtocç, oti ^v ttote ote oux fjv xal 7cplv ;fEvvr,8vjvai oôx r\Vj xal on e; oùx ovtojv iyév&VQj r\ i\ éTspaç UTtoaTocaEcoç r\ oùaïaç cpaaxovxaç Eivat, r\ xtigtov r\ TpETCTOv r\ âXkoionov i tov uiov tou 0eou, àva6£;j.aTi^£t r\ àyia xaôoXtxv) xal a7roaTo)axr, IxxX^cria.

1 Nous rappellerons à propos de cette formule : Iç" sTEpaç uTroa'acEwç r] oùcuaç, ce que nous avons déjà dit plus haut, que ces deux mots s'employaient encore l'un pour l'autre, et que ce fut plus tard seulement que uTîdc'aaiç fut pris définitivement pour persona. — 2 D'après une lettre des Pères de Nicée à l'Eglise d'Alexandrie, leur but, en frappant d'anathème ces expressions, n'était pas seulement de condamner ceux qui disaient que le Fils avait été créé, mais aussi les ariens, ceux qui lui attribuaient le pouvoir de choisir entre le bien et le mal.

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