‹ Histoire des dogmesChapitre 51 sur 71 · TOU · texte numérisé non relu

TOU

•yivo^Evr,* xai sx tyj; àoitt/i; os xoir^ozouaç piaOsiv Ttaps YST0V£ x* ^oi^à, -zou'o 7ravto3V TtS Trof/jcavit xt^tcoTarov. — 2 Ibid., cap. vu. — sCap. vin : 'MVx àvaQo; iz'L xal crwÇeaOat racvraç GsXet* xal B')\ cotoïï xal toû XTjpuvjJiaToç 7utou ou/J [J.ôvov tJxouœîv ^ i>uyj\ r,;j.ôjv xal auv a'JTyj ^ aapÇ, xal itt(<rc£U<y«v sïç Xpiatov 'iYjaoïïv, olKV ày.cpoTspa éXoucravxo xal àpt^oTEpa t/;v §txaioGuvr)v etpYaaavTo.

Ceux qui nient la résurrection font l'œuvre du démon ; car, si la chair ne devait pas ressusciter, il serait insensé de combattre pour la vertu, de souffrir et d'endurer la mort. Pourquoi alors n'imiterait-on pas les médecins qui permettent tout à un malade dont la guérison est désespérée? Voilà pourtant ce que font les hérétiques, quand ils disent que la chair héritée d'Adam est vouée à la perdition, quand ils la livrent au mépris, tandis que Jésus-Christ nous a fait ur devoir de mortifier, de refréner les instincts charnels, comme un médecin défend à un malade dont il espère la guérison, de s'accorder tout ce qui lui plait. Alhénagore envisage de la même manière ce dogme de foi dans les vingt-cinq chapitres de son traité De la résurrection. Dans la première partie, il réfute les objections des incrédules, et dans la seconde il développe les arguments rationnels en faveur de cette doctrine. Il aborde notamment cette objection que les parties matérielles du corps ne demeurent pas ensemble, qu'elles sont souvent dévorées par les bêtes féroces, qu'elles se transforment en la chair de ces animaux et de là passent ailleurs, qu'elles servent même à constituer d'autres corps, comme chez les anthropophages, en sorte que la même matière peut appartenir à plusieurs corps humains. D'où l'on conclut que la résurrection du même corps est impossible, et toute cette doctrine inacceptable.

Il faut remarquer tout d'abord, que chez les Pères, le dogme de la résurrection suppose toujours l'identité du corps ressuscité avec le corps présent. D'après Justin, cette identité ne consiste pas seulement dans la forme, fut-elle entière, ni dans les différents organes corporels, mais aussi dans les parties matérielles constitutives, nonobstant la transfiguration du corps, Justin avait longuement démontré, au chapitre septième de son [ouvrage, que selon les opinions diverses des anciens philosophes, des stoïciens, des platoniciens, des épicuriens, sur l'origine des choses matérielles, il ne paraissait pas impossible que Dieu réunit ensemble, à la fin des temps, les éléments primitifs du corps humain et qu'il en formât un corps semblable au corps actuel l. Athé-

"Tjustin, -#<? resurr., câpTvif? '0 Se 6eoç àvocXuôsvra rà ixikf] tÇjç <raxpoç aie' àXX^Xwv où Suv^asxac -rcàXiv cruvàXwv 7toiY)<jat to auto tw 7rpoxepov Yeyovdxi &7c' aùtou ctoiÀorct;

nagore part de la même supposition ; mais il ne parvient pas à réfuter solidement les objections que les incrédules élèvent contre elle ; car il croit pouvoir soutenir que les éléments matériels d'un même corps humain ne passent jamais dans un autre, mais qu'ils sont éliminés, parce qu'ils ne peuvent pas servir d'aliments.

Dieu, à l'entendre, aurait disposé pour les divers organes du corps humain des matières nutritives déterminées, et tout le reste impropre à l'assimilation serait éliminé d'une façon ou de l'autre. Comme Dieu a décidé que la chair humaine ne pourrait servir de nourriture, les parties matérielles d'un corps ne peuvent jamais passer dans un autre1. Plus tard, les Pères sont revenus sur ce sujet et ont essayé une autre solution de la difficulté. Saint Augustin 2 trouve l'explication d'Athénagore peu satisfaisante, mais il n'exclut pas de l'identité du corps ressuscité les parties essentielles de la matière, Athénagore base sa preuve de la résurrection sur la destination de l'homme à une vie éternelle et bienheureuse dans la vision et l'amour de Dieu. Un être qui n'a pas été créé pour d'autres, mais pour lui-même, et qui est à lui-même le but de son existence, doit vivre éternellement. Or, pour que l'homme arrive à cette destinée éternelle, il faut qu'il continue de vivre dans son corps et dans son âme ; et quand son corps a été dissous par la mort, il faut qu'il le recouvre, comme partie essentielle de la nature 3.

Athénagore conclut également de la nécessité d'une récompense pour la vertu et d'un châtiment pour le péché dans l'autre vie, la résurection du corps : dès qu'il a participé ici-bas aux mérites et aux démérites, il doit avoir part à la récompense ou au châtiment. Cependant il remarque que ce n'est point là l'unique cause de la résurrection, car ceux-là mêmes y auront part, qui ne seront jamais à aucun jugement, comme les petits enfants4.

1 Cf. cap. vu et vm. — * De civit. Dei, xxu, xx. — 3 Cap. xm : Ei xoivuv ô

TouSe xou toxvxoç Sir)[AtoupYOÇ suoir^sv àv6pa)7Cov eVi xai Çar/jç sjjiçpovoç jjiexacrxsïv, xal y£VO}JiEvov ôewpov xyjç xe [j.eYaXo7cpe7reiaç a'Jtoïï xal xyjç lia Tcaat coçia; xîj xouxtov cuvSiapivstv àet ôswpia, xaxà xr,v exetvou yvw^v xal xa6' fy sÙrtft çuaiv, ^ [jlev xyjç ^eveasax; âîxia 7U<rxouxac xtjv aîç àel SiajjLovr^v, f\ 8è SiapLov^j x^v àvàaxaatv, fiç xwpU oûx àv Stapieiveiv àvGpu)7roç. — 4 Cf. cap. xvm.

Théophile s'applique également, comme les précédents apologistes, à montrer la futilité des doutes sur la résurrection, en empruntant à la nature des exemples qui nous font voir un renouvellement, la succession du jour et de la nuit, la corruption et la renaissance du grain de semence, et à faire ressortir l'identité du corps ressuscité dans les parties matérielles essentielles, en comparant la résurrection à la refonte d'un vase endommagé qui reçoit une forme nouvelle4.

Hérésies gnostiques sur la nature de l'homme, sur le péché, la grâce et les Ans dernières.

Les hérésies issues du judaïsme étaient à peine vaincues par le christianisme ; Justin et ses contemporains avaient à peine commencé, dans le sein de l'Eglise, à opposer la vérité chrétienne aux opinions de l'école païenne, et à lui donner une empreinte scientifique, que le gnosticisme, altérant et bouleversant la gnose véritable, essaya d'entraver le développement paisible de cette élaboration de la vérité chrétienne, et d'établir par la combinaison de tous les systèmes religieux, les opinions les plus diverses, les allégories les plus fantastiques.

Au sujet de l'homme, le gnosticisme ressuscitait les vieilles idées du paganisme, et sur plusieurs points, il descendait encore plus bas. A cette question : D'où vient le mal? qu'il plaçait en tête comme la plus importante, il prétendait répondre autrement que le christianisme ; il le concevait, non comme quelque chose de moral, dépendant de la liberté delà créature, mais comme quelque chose de physique. De là une multitude d'erreurs.

1. Deux principes, selon lui, agissent dans toute nature d'homme, le principe du bien qui se révèle dans l'âme raisonnable, et le principe du mal qui a son siège dans la matière et dans les sens. Ces deux principes se réunissent dans une seule nature humaine, non point pour se donner la main, mais pour se combattre. Suivant que l'un ou l'autre

1 AdAutob.,1, 13.

l'emporte, le bon principe, qui vient du royaume supérieur de la lumière, ou la nature sensible, la sombre matière, il y a des natures humaines essentiellement différentes, pneumatiques, physiques, hyliques.

De ce dualisme, d'un principe physiquement bon et d'un principe physiquement mauvais, et d'autres idées semblables sur la formation de l'homme au moyen de ces divers éléments, résultait une trichotomie, la distinction essentielle entre une âme raisonnable et une âme sensible dans une même nature humaine ; car la lutte qui se livre en nousmême est une preuve de ce dualisme par suite duquel la sensualité, l'âme sensible s'élève en face de l'âme raisonnable et supérieure comme un principe hostile qui vient du royaume du mal.

2. La liberté morale, avec une pareille explication du mal dans la nature de l'homme, ne trouvait point de place et on visait surtout à l'écarter. Le libre exercice du bien ou du mal devient une opération physique et naturelle, dans laquelle les deux principes qui se combattent dans l'homme, se disputent la prééminence. Tout cela se développe selon les lois de la nécessité, en sorte que le question du rapport des forces divines et des forces humaines dans l'œuvre du salut, de l'accord entre la liberté humaine et la prescience divine, entre la grâce divine et la prédestination devient superflue. La loi morale n'a plus de sens ou plutôt, selon l'opinion de ces gnostiques, elle doit émaner du principe mauvais, qui peut ainsi tenir l'âme raisonnable en captivité.

3. Le dualisme qui se révèle dans toute nature humaine serait absolument général, et pénétrerait tout l'ordre actuel du monde. Le monde entier n'est pas uniquement l'ouvrage du Dieu suprême et infiniment sage qui y aurait marqué l'empreinte de ses idées éternelles et laissé des traces de sa gloire et de sa perfection ; c'est une œuvre souverainement imparfaite, formée de divers éléments empruntés, les uns à l'empire du mal, les autres à l'empire du bien, qui ne pouvaient entrer en contact et s'unir temporairement que parce que le Dieu suprême et inaccessible avait été de plus en plus afiaibli par des émanations de son être et qu'il avait perdu dans les éons inférieurs quelque chose de sa perfection.

Le monde entier est donc un assemblage incohérent des éléments les plus divers, un champ de bataille où les deux principes se combattent, et leur histoire n'est autre chose que le développement de cette lutte jusqu'à la séparation finale des bons et des mauvais éléments.

Il ne pouvait plus être question, on le voit, de ressemblance naturelle de l'âme humaine avec Dieu, puisque l'homme, par ses éléments inférieurs, écait issu du royaume du mal et que, même dans ses parties supérieures, il n'était pas l'ouvrage du Dieu suprême, mais une pure émanation, ou l'ouvrage d'un éon inférieur. Ce devait donc être, selon les gnostiques, une tentative inutile à l'homme que de s'efforcer de connaître le Dieu suprême par l'étude de la nature et de son propre cœur ; c'était folie à lui que d'espérer d'être uni éternellement et immédiatement à Dieu, et appelé à la vision éternelle de son être.

4. En particulier, le corps humain qui, selon la révélation, est le sommet et le couronnement de la création matérielle, l'œuvre spéciale de la toute-puissance et de la sagesse divine, le corps qui avait été uni à une âme raisonnable pour former une seule substance et pour vivre d'une vie d'union avec Dieu, serait, d'après le gnosticisme, le produit d'un principe mauvais. Ainsi, contrairement à la doctrine chrétienne, que la mort n'a pas été voulue de Dieu dans l'origine; que le corps doit participer dans le ciel à une vie éternellement heureuse ; que Jésus-Christ nous a donné une nouvelle garantie de la résurrection glorieuse de notre corps, la nature, selon les gnostiques, serait radicalement mauvaise, l'homme n'aurait d'autre destniée que de se voir séparé de nouveau de son corps et du royaume du mal. Négation de la résurrection, ascétisme physique destiné à réprimer les soulèvements de la chair et les excitations des sens par des moyens physiques; antinomisme même, suivant lequel toutes les œuvres de la chair étant le produit d'un être radicalement mauvais, ne pourraient souiller l'âme raisonnable, la loi donnée par des éo.is envieux : telles étaient les conséquences nécessaires des principes gnostiques. Avec de telles doctrines, le gnosticisme tombait au-dessous des anciens philosophes du paganisme, Socrate, Platon, Aristote et la plupart de ceux qui sont venus ensuite ; car les travaux de

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