‹ Histoire des dogmesChapitre 64 sur 71 · SCHISME DONATIEN · texte numérisé non relu

SCHISME DONATIEN

rains, tels que Denis d'Alexandrie, ait su parfaitement apprécier les raisons qui militaient en faveur de la doctrine de Rome, nous ne saurions le conclure de leurs écrits. Nous devons d'autant plus en douter que dans la suite plusieurs docteurs de l'Eglise retombèrent dans les erreurs de saint Cyprien, ou du moins les appuyèrent çà et là. Elles durent également continuer à se répanure dans l'Eglise d'Afrique, et ce furent elles qui suscitaient les controverses beaucoup plus dangereuses du donatisme. Donat, évêque de Cases- Noires, fut convaincu au concile de Rome d'avoir déjà fondé un schisme, et probablement réitéré le baptême du vivant de Mensurius, évèque légitime de Carthage, alors que Cécilien était encore diacre 4.

Or la première cau^e du schisme de Donat est connue2. A Carthage, un parti de mécontents profita de la consécration de Cécilien, évêque légitimement élu en 313, par Félix, évêque d'Aptonge, pour élire un autre évèque schismatique, Majorin, dans un conciliabule tenu à Carthage en 312, sous la présidence de Secundus, de Tigisis3. Pendant la persécution chrétienne, plusieurs s'étaient rendus coupables du crime de livrer les Saintes-Ecritures, et c'est làjustement ce que le conciliabule reprochait à Félix d'Aptonge, afin de pouvoir déclarer la consécration de Cécilien invalide. Quant aux griefs et aux plaintes sur le caractère et la conduite du nouvel évêque, ils n'étaient pas de nature à motiver sa déposition. On sait également que ce parti schismatique n'appliquait nullement aux siens le principe qu'il faisait valoir contre les orthodoxes4. Mais rien n'y fit; le schisme se répandit dans toute l'Afrique avec la rapidité de l'éclair, on opposa partout aux évêques légitimes des évêques qui ne voulussent avoir aucune société avec les traditeurs et ceux qui avaient été consacrés par eux. De là un séparatisme novatien-, qui ne tolérait que des saints dans la communion ecclésiastique. Il fit également un crime aux catholiques des autres pays de ne pas se séparer des traditeurs5.

1 Aug., Breviculus coll. cum Do>?., III, cap. su. — * Voy. Héfélé, Hisl. des Coac, I, p. 162 et suiv. — 3 Coaf. Aug., Breviculus cAl. cum Don , Lib. III, cap. xiv, n. 26. — * Aug., Contre litt. Pttiliani, I, 27. — * Aug., Contra ep. Parmeniani. I, 3 : Ita contra sedeotem in cathedra, cui totus orbis Chnstianus in transmarinis et loDge remotig terris e in ipsis Africains

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Saint Cyprien n'avait pas voulu reconnaître le baptême des hérétiques et des schismatiques; les donatistes rejetaient le baptême de l'Eglise1, et non seulement le baptême, mais l'ordination et tous les autres sacrements, sous prétexte que les traditeurs et les pécheurs publics ne pouvaient pas les administrer validement. C'était uniquement par une inconséquence qu'ils faisaient cette distinction entre pécheurs publics et pécheurs secrets, et qu'ils reconnaissaient à ces derniers le pouvoir d'administrer validement les sacrements pourvu qu'ils adhérassent à la véritable Eglise, c'est-à-dire au schisme donatien2.

En poursuivant l'histoire du donatisme, nous nous arrêterons seulement à ce qui offre de l'intérêt pour l'histoire des dogmes. Nous remarquons d'abord le décret du concile de Rome, en 313, qui fut réuni par les soins de l'empereur, auquel les donatistes avaient appelé et célébré sous les yeux du pape Melchiades. Il examina les plaintes portées contre Félix d'Aptonge, les trouva sans fondement, reconnut Cécilien pour évêque légitime, et rendit en outre pour l'apaisement du schisme, de salutaires décrets, en vertu desquels les évêques établis par les donatistes pourraient conserver leurs charges, s'ils rentraient contrits dans le sein de l'Eglise. Dans les lieux où se trouveraient à la l'ois un évêque cécilien et un évêque donatiste, le plus ancien par l'ordination conserverait les fonctions épiscopales, et l'autre serait appelé à un autre siège.

Le 1er août de l'année suivante, 314, l'empereur, par suite de nouvelles plaintes émanées des donatistes, convoqua le

gravioribus et adversus ejusmodi fallacias robustioribus cornmunicaret ecclesiis, episcopum alterum ordinaverunt, ut possent pro suo facto contradicere prooiissioaibus Dei, ne in semine Abrahae benedicerentur oinnes gentes, ut eas etiam partes orbis terrarum a traditoribus Afris inquinatas dicerent, quse nec Ceciliani nomen audissent. — J Aug., De uno bapt., cap. xin : Ego autem et quod de hac re sentio, breviter dicam, rebaptizare haereticos, quod illi (Cyprianus, Firmilianus) fecisse dicuntur, tune fuit humani erroris, rebaptizare autem eatholicos, quod adhuc isti faciunt, semper est diabolicae prsesumptionis. — s Quamvis (disait un donatiste cité par saint Augustin, cont. Cresoonium Don., II, 17), habeat conscientiam maculosam; mihi tamen, quia ab eo baptizor, quia latet et nescio, sufficit quod ab eo accipio, cujus innoceutem, quia in ecclesia est, conscientiam puto. Nam ideo conscienttam dantis attento, non ut quod fieri non potest, de latentibus judicein, sed ut si quid de illo in publica conscientia est, noa iguorem.

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