XX APPENDICE
de ces tentations autant par les laits que par sa doctrine. Ainsi le démon paraît comme tentateur d'abord dans le paradis terrestre, ensuite auprès de Job, auprès des rois Saiïl et David et auprès des prophètes du roi Achab (1). Dans le Nouveau Testament nous trouvons rapportées pareillement plusieurs tentations effectives du diable : nous le voyons d'abord auprès du Sauveur lui-même, ensuite auprès des Apôtres et des autres fidèles (2). L'enseignement du Sauveur et des Apôtres confirme l'existence de cette permission de Dieu. Dans la parabole du semeur, le Sauveur attribue la non-réussite de la semence à l'influence du mauvais ennemi (3) ; il parle de tentations que le démon doit exercer sur les Apôtres (4) ; le démon a d'ailleurs séduit Judas (5). Il est dit du diable, dans la sainte Ecriture, qu'il tourne comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer (6). Cependant l'Ecriture fait toujours ressortir que les tentations du démon ne suppriment pas Timputabilité des actions humaines, parce que son influence n'oblige pas et demeure toujours dépendante de la permission de Dieu; c'est pourquoi les tentations sont appelées seulement des embûches (7).
D'après la sainte Ecriture, le diable exerçait la plus puissante influence sur ceux que l'on appelle les possédés ou démoniaques (Saijxoviaxoi), très nombreux au temps du Christ et des Apôtres et qui même dans la suite ont toujours existé ici ou là. Ils sont montrés dans la sainte Ecriture comme des personnes qui se sont entièrement données au diable de façon à perdre même la conscience à divers moments et à se laisser aller, comme organes du diable, à la fureur et au blasphème, ou, sous la puissance du diable, à faire des choses au-dessus des forces humaines. On a
(1) Job. 1, 6; 2, 2. — 1 Reg. 16, 14. — 3 Reg. 22, 31. Zach. 3, 1.
(2) Math. 4, 1 sqq. Luc. 4, 1 sqq. 2 Cor. 12, 7.
(3) Math. 13, 19 sqq. — (4) Luc. 22, 31. — (5) Joan. 13, 2, 27.
(6) 1 Petr. 5, 8. Cf. 2 Cor. 2, 11. Eph. 2, 2. 2. Tim. 3, 5, 11. Jac. 4, 7. (7)fi'p/i. 4, 27; 6, 11. 2 Cor. 2. 11.
essayé, de nos temps (1) de représenter les démoniaques comme des êtres naturellement malades d'esprit, mais que la superstition populaire, dont le Sauveur a pris les formules dans sa manière de s'exprimer, regardait comme possédés du diable. Mais une telle théorie d'accommodation suppose chez Notre Seigneur une manière de procéder absolument incompatible avec sa nature divine. De plus ce n'est pas pour s'accommoder aux idées du peuple que le Sauveur consent à ces soi-disant représentations et chasse formellement les possédés (2) ; il donne expressément à ses disciples le pouvoir de chasser les démons (3) et leur enseigne les moyens qu'ils doivent employer pour cela (4). Le Christ fait même un miracle particulier pour démontrer sa puissance de chasser les démons, et il laisse entrer dans un troupeau de porcs les démons qu'il vient de chasser (5). Même devant ses ennemis, devant les pharisiens, devant lesquels cependant il lui fallait, humainement parlant, employer de la circonspection dans l'expression, afin de n'être pas soupçonné de donner dans les idées fausses du peuple, le Sauveur s'attribue le pouvoir de chasser les démons, et, accusé de faire cela par l'assistance du premier des démons, il répond : « Tout royaume qui est divisé en lui-même sera détruit » (6). Les Apôtres aussi distinguent très expressément les possédés des autres malades (7), et un écrivain juif contemporain Flavius Josèphe ne témoigne pas moins de l'existence fréquente de ce phénomène particulier, quoique son opinion personnelle fût que les démons qui prenaient possession de l'homme étaient les âmes d'hommes mauvais qui étaient morts (8).
(1) Jahn, Archéologie MU. § 194 sqq.
(?) Math. 4, 24 ; 8, 15. Marc. 1, 32 sqq.
(3) Math. 10, 1. Marc. 16, 17. Luc. 10, 18.
(4) Marc. 5, 28. — (5) Luc : 8, 27 sqq.
(6) Math. 12, 25-28. Marc. 3, 23-25. Luc. 11, 17-19.
(7) Act.Apost. 16, 16.
(8) Arch. VIII, 2, 5. De bello yud. VII, 6, 6.