‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 103 sur 223 · De princ, I, 3, 5; cf. I · texte numérisé non relu

De princ, I, 3, 5; cf. I

LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉEXXE. 17

230 LA THEOLOGIE ANTENICEENNE.

rence profonde : « Haec enim sola Trinitas est quae omnem sensum intellegentiae non solum temporalis verum etiam aeternalis excedit. Caetera vero quae sunt extra Trinitatem in saeculis et in temporibus metienda sunt. » Et encore : « Sempiternum vel aeternum proprie dicitur quod neque initium ut esset habuit, nequecessare unquam potest esse quod est. Hoc autem designatur apud loannem cum dicit quoniam Deus lux est. Splendor autem lucis eius sapientia sua est, non solum secundum quod lux est, sed et secundum quod sempiterna lux est, ita utaeternusetaeternitatis splendor sit sapientia sua. Quod si intègre intellegatur, manifeste déclarât quia subsistentia Filii ab ipso Pâtre descendit, sed non temporaliter neque ab ullo alio initio, nisi, ut diximus, ab ipso Deo^ »

Je viens de dire qu'Origène a admis la création ab aeterno. C'est un des reproches qu'on lui a faits et qui est justifié. L'éternité de la toute-puissance divine lui paraît inconciliable avec l'hypothèse d'une durée où rien n'aurait existé que Dieu, car la toute-puissance ne se conçoit qu'à la condition de s'exercer effectivement sur des êtres réels ^. Des créatures ont donc dû toujours exister. Lesquelles? Avant tout des esprits (vouç), mais pas des esprits tellement purs cependant qu'ils ne fussent unis à des corps éthérés et subtils. Car, malgré qu'il trahisse quelque hésitation, notre auteur ne pense pas qu'en dehors de la Trinité il puisse exister un esprit absolument dégagé de toute matière et sans corps^.

Ces esprits ont tous été créés égaux en facultés et en dons, toutefois ils ont été créés libres. Nous touchons ici à l'une des conceptions les plus hardies d'Origène.

\. De princip., I, 2, 11 ; IV, 28; cf. II, 9, 2.

2, De princip., I, 2, 10; cf. III, 5, 3, 4.

3. De princip., I, 6, 11 ; n, 2, 1, 2; IV, 35, traduct. de S. Jérôme.

Il avait été frappé de la diversité des conditions physiques et morales, des aptitudes et des qualités que nous remarquons dans le monde; mais au lieu d'en appeler, pour l'expliquer, à la libre volonté de Dieu, il en demande à la liberté créée l'explication. Tous les esprits avaient été créés égaux, mais, libres, ils n'ont pas tous été également fidèles à Dieu, et de là sont nées les différences que nous constatons entre les êtres intelligents. C'est leur chute, leur xaxaêoXvi, qui est proprement la source de l'état actuel de l'univers ^ Car, de ces esprits, les uns sont devenus les anges, les vertus célestes avec leur hiérarchie, leurs degrés et leurs fonctions proportionnés à leur mérite ; les autres, se revêtant de matière lumineuse, sont devenus le soleil, la lune et les étoiles; d'autres encore, refroidis par leur éloignement de Dieu, sont devenus les âmes des hommes {^^^'/ji de ^^u^w, refroidir) ; d'autres enfin sont devenus les démons avec leur corps plus subtil que celui des hommes, plus lourd que celui des anges ^. Mais, de même que le jeu de la liberté a modifié le plan divin primitif et créé l'ordre actuel, aussi est-il capable de changer derechef et indéfiniment cet ordre. Les esprits peuvent, en faisant le bien ou le mal, s'élever ou descendre dans l'échelle des êtres, les âmes reconquérir par leur vertu l'état d'esprits qu'elles ont perdu, et d'une manière générale, un nouveau monde peut commencer après la consommation de celui-ci -^

Le mal a donc été introduit dans le monde par la liberté créée ; et bien que la présence de ce mal ne brise pas l'harmonie du cosmos et ne soit pas un argument contre la bonté de Dieu qui en sait tirer le

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