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De princip., II

294 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE.

a le corps qu'elle a mérité et qui convient au rôle qu'elle doit remplir ^ Jésus naît d'une vierge; sa naissance est réelle; il prend nos faiblesses, nos infirmités, notre passibilité ; il accepte nos passions légitimes et tout ce qui est de l'âme raisonnable ^. Le docétisme aussi bien que l'apollinarisme futur sont écartés par Origène, encore qu'il retienne du premier quelques restes insignifiants qui lui viennent sans doute des gnostiques^.

Jésus-Christ est, et reste donc vraiment homme dans l'Incarnation ; d'autre part le Verbe n'y change pas non plus, ne perd rien de ce qu'il était : xr, oùai'a (jlévwv lofoc;^ : il s'ensuit que dans le Sauveur il y a deux natures : il est Dieu et homme, Deus homo : « Aliud est in Christo deitatis eius natura, quod est unigenitus filius Patris, et alia humana natura quam in novissimis temporibus pro dispensatione suscepit^. » Mais s'il y a deux natures, il n'y a qu'un seul être : « Car le Verbe de Dieu, surtout après la dispensation, est devenu un (ev) avec l'âme et le corps de Jésus. » Jésus est ctuvôetov Ti ypyiuLa^. S'efforçant de définir de plus près cette union, Origène la compare à celle du fer et du feu dans le fer rougi, et ajoute d'ailleurs que le corps et l'âme ne sont pas seulement associés au Verbe (xoiv(ovia), mais lui sont joints par une union et un mélange (IvwaEi xat àvaxpaffEi) qui les a rendus participants de la divinité et les a transformés en Dieu (eî; Ôsov [j.£Taêe67)X£'vai) ^. Expressions trop fortes évidemment, et qui doivent se

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