C. Cels. y I, 54; II, 44; VII
4. In Epist. ad Rom., 111,8, Lorn., VI, 205, 213; P. G., XIV, 946,950;
Cette rédemption de Jésus a été universelle ; non seulement tous les hommes, jusqu'à la fin du monde, trouvent en lui leur sauveur, mais sa vertu dépasse les bornes de notre terre : elle s'étend à tous les êtres raisonnables quels qu'ils soient qui ont besoin d'être rachetés : où (xovov Ottsû àv6pw7cu)v ÇlriaoZç,) aTrsôavîv, oùlot. xai uTcèp twv XoiTTwv XoYiKwv ^.
Il appartient à la liberté humaine de mettre à profit cette rédemption que Jésus nous a apportée. On a vu avec quelle énergie Origène affirme l'existence de cette liberté, et comment il la rend responsable même de notre situation actuelle. Le péché ne l'a pas supprimée : c'est librement que nous allons à Dieu ou que nous nous perdons. Non pas que nous puissions nous passer, dan? nos bonnes œuvres, du secours de Dieu : la grâce en est, au contraire, le principe indispensable; mais cependant tout dépend de nous comme tout dépend d'elle : Dieu et l'homme doivent travailler ensemble. Le grand docteur a trouvé, pour exprimer cette union nécessaire, des formules définitives et que l'on croirait de plus tardive époque : « E duobus unus effici débet intellectus, id est, ut neque quae in nostro arbitrio sunt putemus sine adiutorio Dei effici posse, neque ea quae in manu Dei sunt putemus absque nostris actibus et studiis et proposito consummari^. »
Ainsi, la foi elle-même vient de Dieu (SuvocjAsi-cmôeia); mais elle ne se conçoit qu'accompagnée des bonnes œuvres et de la pratique des vertus qu'elle inspire.
cf. In Numéros, hom. XXIV, i, Lom., X, 292, 293 suiv. ; P. G., XH, 75G,
1. In loann., I, 40, Lom., I, 79; P. G., XIV, 93; /n Matth., XHI, 8, Lom., ni, 227; P. G., XHI, H16; Deprincip., HI, 5, 6; C. Cels., VII, 17.
2, De princip., III, i, 22. Et encore : « Non sufficit ad perficiendam salutem sola voluntas humana, nec idoneus est mortalis cursus ad consequenda caelestia et ad capiendam palmam supremae vocationis Dei in Christo lesu, nisi haec ipsa voluntas nostra bona, proraptumque piopositum et quaecumque illa in nobis esse potest industria divino
298 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE.
C'est à "celte condition seulement qu'elle nous justifie * . Et cependant, même alors, elle n'est aux yeux d'Origène que le degré inférieur de la vie chrétienne. Audessus de la foi il y a la science (Yvwaiç), car « suivant notre doctrine aussi, il est bien mieux d'être convaincu de nos dogmes par la raison et la science que par la simple foi^ ». Le disciple de Clément a recueilli ici la doctrine de son maître. Avec moins d'insistance, il partage comme lui les chrétiens en deux classes, et, comme lui, introduit dans le concept du gnostique un élément ascétique et moral rigoureux. Celui-ci pratiquera la continence et la virginité, la séparation du monde et la retraite ^.
Origène toutefois, nous l'avons déjà remarqué, manifeste partout des préoccupations plus ecclésiastiques^ si l'on peut parler ainsi, que celles de Clément ; et c'est pourquoi ses renseignements sur le christianisme pratique et sur le culte sont plus abondants et plus précis. L'Église, nous dit-il, est la cité de Dieu ^ En dehors d'elle il n'y a pas de salut possible ^. Le baptême remet les péchés, tout péché ^ ; et comme les petits enfants eux-mêmes sont pécheurs, l'Église le leur administre, selon qu'elle en a reçu la tradition des apôtres ^. Le martyre ou baptême de sang peut le
vel iuvelur vel nmnialur auxilio... ita eliam nostra perfectio non quideni nobis cessant! bus et otiosis efficitur, nec tamen consummatio eius nobis, sed Deo, qui est prima et praecipua causa operis adscribetur . (De princip., III, i, 18).
i. C. Cels., VIII, /i3; III, C9, 71, 72 ; In loa^in., XIX, 6, Lom., II, 190 ; P. G., XIV, 569 ; In Levit., H, 4 ; XII, 3 ; Lom., IX, 389; P. G., XII, 66-2.
2. C. CeU., I, 13; In Matlh., XII, Ij, Lom., III, 138, l.VJ; P. G., Xlli,