C. Cels., YIII, C
302 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE.
la parole de Dieu ^ . Voilà la croyance la plus commune, la plus simple vis-à-vis de l'Eucharistie : xoivoTspav uepl TÎiç £Ù;i(^apicrTiaç Uoo/r^^f ^. Le grand docteur n'y contredit pas : au contraire ; mais il y va ajouter ses commentaires. Après avoir vu dans l'Eucharistie le corps du Seigneur, il voit encore en elle le symbole de renseignement de Jésus-Christ qui lui aussi est un pain : « Possumus vero et aliter intellegere. Omnis sermo Dei panis est, sed est differentia in panibus ^. » Et il l'y voit si bien qu'il en oublie par moments la réalité, et écrit qu'en nous présentant le pain et le vin comme son corps et son sang, Jésus-Christ ne désignait pas le pain et le vin matériels, mais le Verbe dans le mystère de qui ce pain devait être rompu et ce calice devait être répandu. Car que peuvent être et le corps et le sang du Dieu Verbe si ce n'est la Parole qui nourrit et la Parole qui réjouit le cœur ^? Ce qui n'empêche pas d'ailleurs notre auteur de regarder le service eucharistique comme un vrai sacrifice, et de nous parler des autels chrétiens comme non plus inondés du sang des animaux, mais comme consacrés par le sang précieux de Jésus-Christ : « pretioso sanguine Christi consecrari ^ ».
i. In Exod., hom. XIII, 3, Lotn., IX, 156; P. G., XII, 391.