‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 117 sur 223 · De princip., II, 10, 6; C. Cels., V · texte numérisé non relu

De princip., II, 10, 6; C. Cels., V

5. « In huiic ergo statum omnem hanc nostraœ substantiam corporalera putandum est perducendara, tune cum oninia restituentur ut unum sint, et cum Deus fuerit omnia in omnibus. Quod tamen non ad subitum fieri, sed paulatim et per partes intellegendum est, infinitis et immensis labenlibus saeculis, cum sensim et per singulos emendatio fuerit et correctio prosecuta, praecurrentibus aliis, et velociori cursu ad summa tendentibus, aliis vero pro\imo quoque spatio insequentibus, tum deinde aliis longe posterius, et sic per mulios et innumeros ordines proQcientium, ac Deo se ex inimicis reconciliantium, pervenitur usquead novissimum inimicum qui dicitur mors ut etiam ipse destruatur, nec ultra sit inimicus. Cum ergo restitutae fuerint omnes rationabiles animae in huiusmodi statum, tune natura etiam huius

306 LA THÉOLOGIE ANTÉMCÉENNE.

Cet état sera-t-il au moins définitif, et la liberté créée s'y reposera-t-elle sans retour de ses agitations? Logiquement, et puisque l'exercice de cette liberté persiste, il semble que non, et qu'une déchéance restera toujours possible. C'est le reproche que saint Jérôme adressait au système d'Origène^ et qui trouve un appui dans le texte du De principiis où celui-ci nous représente les âmes comme capables de passer indéfiniment du bien au mal et du mal au bien ^. Ailleurs cependant, Origène affirme que, par la volonté de Dieu, les volontés créées seront fixées dans le bien, et que ce dernier état sera immuable : « In quo statu etiam permanere semper et immutabiliter Creatoris voluntate est credendum, fidem rei faciente sententia apostoli dicentis : Domum habemus non manu factam aeternam in caelis ^. »

Tel est en résumé le système théologique d'Origène. Établi sur des prémisses excellentes, mais dans lesquelles l'esprit puissant de son auteur n'a pu se contenir, il présente, avec une foule de vues profondes et justes, des conjectures téméraires et des assertions inacceptables. C'est le fleuve débordé qui, dans l'abondance de ses eaux, roule à la fois le limon qui féconde et le sable qui rend stérile. Mais heureuse ou funeste, les théologiens de l'antiquité jusqu'à saint Augustin en Occident, et même après en Orient, ont à peu près tous subi directement ou indirectement Tinfluence du grand alexandrin; ils ont accepté ses principes et n'ont souvent fait que développer ses idées. Même ceux qui Tout combattu se sont servis des armes qu'il leur fournissait. 11 suffit de comparer sa synthèse doctrinale avec celle d'Irénée

corporis nostri in spirilualis corporis gloriam perducetur » [Deprvicip. III, G, 6; 1,6,4).

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