‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 118 sur 223 · De princip., III, 6, G · texte numérisé non relu

De princip., III, 6, G

pour voir quel progrès elle constituait sur cette dernière , mais il suffirait aussi de la comparer à celles ou plutôt aux synthèses partielles que l'on a tentées dans la suite, pour voir combien celles-ci lui sont redevables. Athanase et les Cappadociens ont trouvé dans Origène des arguments pour le consubstantiel, et les Eusébiens des arguments en faveur du subordinatianisme. Apollinaire s'estvu réfuté d'avance par son affirmation si énergique de l'existence en Jésus-Christ d'une âme libre. Mais, en revanche, la théologie grecque n'a jamais défini aussi strictement que la latine la théorie de la satisfaction du Christrédempteurqu'Origène avait négligée. Ses opinions sur la préexistence des âmes, sur la spiritualité des corps ressuscites, sur Vapocatastasis ont soulevé plus tard des tempêtes dont sa mémoire a souffert, mais elles avaient été à la fin du iv^ siècle, bien près de triompher. Ainsi reçu ou discuté, condamné ou suivi, mais toujours exploité même par ceux qui l'ont contredit, Origène est resté le vrai fondateur de la théologie scientifique. L'Eglise d'Orient n'a pas compté d'explorateur, et, si l'on peut ainsi parler, de pionnier théologique plus hardi, ni de plus riche semeur d'idées.

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