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CHAPITRE IX

LES FONDATEURS DE LA THEOLOGIE LATINE. SAINT HIPPOLYTE, TERTULLIEN, NOVATIEN.

S 1. — Saint Hippolyte^ Les Philosophoumena.

Pendant qu'en Orient la théologie prenait tout son essor dans les travaux de Clément d'Alexandrie et d'Origène, elle s'élaborait aussi en Occident dans des œuvres de moindre envergure et d'un horizon plus restreint, mais d'une langue singulièrement ferme et arrêtée. Saint Irénée, on l'a dit, avait donné à cette théologie son fond doctrinal et comme l'esprit qui la devait animer : Tertullien allait fixer ses formules, Novatien écrira son premier manuel.

Quant à saint Hippolyte, il est connu surtout

1. L'édition citée est celle de Fabricius dans P. G., X, pour le Contra Noetum; pour les autres ouvrages j'ai cité celles de N. Bonwetsch et de H. AcHELis dans Die griechischen christlichen Schriftsteller, Leipzig, 1897. — Travaux : C. J. Bunsen, Hippolylus and his âge, London, 1852, 2« édit., 1854. CiiR. WoRDSWORTU, St Hippolytus and Ihe church of Rome in the early part of the third century, London, 1853, 2« édit., 1880. J. Doel- UNGER, Hippolytus und Kallislus, Regensburg, 18.-)3. L. Atzberger, Geschichte der christlichen Eschatologie innerhalb der vornicânischen Zeit, Freiburgim Br., 1896, pp. 271-290. G. N. Bonwetscii, Studienzu den Kommeniaren Hippolyts zum Buch Daniel und Hohenliede, Leipzig, 1897. H. Achelis, Hippolytstudien, Leipzig, 1897. A. d'Alès, La théologie de saint Hippolyte, Paris, lOOG. P. Flournov, Search-lighi of St Hippolytus, London, 1900. K . J. Neimann, Hippolytus von Rom in seiner Stellung zu Staat und Welt, Leipzig, 1902,

comme exégète. Ses commentaires sur l'Écriture sainte ont été les premiers qu'ait lus l'Église, et ils ont mérité — non pour le génie et Férudition — mais pour la justesse des principes d'herméneutique qui les a inspirés, d'être préférés à ceux d'Origène. Comme théologien, nous ne pouvons que très imparfaitement le juger. La plupart de ses écrits didactiques ou polémiques ont péri. Rédigés en grec, ils n'ont exercé sur la formation de la langue théologique latine aucune influence. Mais dans leur substance etdans leur méthode, on peut dire qu'ils ont marqué un progrès dans l'évolution de la pensée chrétienne. Ils placent leur auteur pour ainsi dire à mi-chemin entre saint Irénée et Tertullien. Moins précis et moins ferme que ce dernier, il nous apparaît plus avancé et moins esclave de la lettre que l'évêque de Lyon.

C'est dans sa controverse avec les modalistes, et après avoir réfuté leur erreur, que saint Hippolyte, surtout aux chapitres 10 et 11 de son traité contre Noët, expose ses propres vues sur les rapports du Père et du Fils dans la Trinité. Au commencement, nous dit-il, le Père était seul ; mais cependant, tout en étant seul, il était multiple ((xo'voç tov -koIIc, -^v), car il n'était pas sans parole ni sans sagesse (outs yàp aXoyoç ouTÊ à<7o.poç). Lors donc qu'il voulut créer le monde, il fit paraître son Verbe [ioeiU tov Xo'yov aÙTou) ; il le produisit au dehors pour être l'instrument (èpYarriv) de la création. Cette production est une génération (yevvwv) : cette génération, l'auteur ne peut l'expliquer, mais il en aflirme énergiquement Texistence : le Verbe n'est pas créé, mais engendrée

De cette façon, continue-t-il, il y eut un autre par rapport au Père (xal outoj; TrapiaTaTo aÙTw i'Tepo;) ; non pas

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