Contra Noetim, 10; cf
324 LA THÉOLOGIE ANTENICEENNE.
que l'on doive dire deux dieux, car le Verbe est « une lumière produite par une lumière, comme une eau qui sort d'une source, un rayon qui s'échappe du soleil... le Verbe est Tintelligence (vou?) qui, apparaissant dans le monde, s'est montrée comme Fils de Dieu ^ » .
Le Verbe , engendré de Dieu, est son Fils. Saint Hippolyte pense cependant que cette filiation ne devient parfaite que par l'Incarnation. Bien qu'il présente en effet le Verbe comme fjLovoyevr^ç, il déclare que, si Dieu l'a appelé son Fils, c'est par prolepse, et parce qu'il le devait devenir un jour (... tov Xo'yov 6v mov Trpoar,- YopeuE ôià To [jLsXXeiv auxov y^véaSai) : « Sans la chair et considéré à part soi, le Verbe n'était pas fils complet, bien que, monogène, il fût Verbe complet-. »
Est-il besoin d'insister pour montrer que nous retrouvons, dans l'exposé qui précède, le système trinitaire des apologistes, et notamment la doctrine de la génération temporelle du Logos. Celui-ci, d'abord insuffisamment distingué du Père, en procède à un moment donné, quand le Père le veut, pour être l'agent immédiatement créateur ; mais il en procède par voie de génération, et par communication de la substance divine.
Il n'y a dans saint Hippolyte que peu de traces de subordinatianisme ^. En revanche, on lui a reproché (Duchesne, Harnack) de n'avoir pas regardé le Saint- Esprit comme une personne proprement dite. Il compte en effet en Dieu TrpoawTra §uo, oixovouLia Ôï rpitriv Ty)v x.«P'v Toîi àyiou TTveoiJLaToç '. Le Saint-Esprit n'est donc pas pour