‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 134 sur 223 · Epist. ItK), IV · texte numérisé non relu

Epist. ItK), IV

SAINT HIPPOLYTE, TEKTULLIEN, NOVATIEN. 335

sua effigie ^ » En maint endroit cependant, et ici même, notre docteur affirme que Dieu est spirituel ^, N'admettrait-il donc, comme les stoïciens, entre le corps et l'esprit qu'une différence de degré au point de vue de la subtilité de la matière qui les constitue ? La chose serait possible absolument; mais il est plus vraisemblable que l'écrivain a pris ici le mot corpus comme synonyme de substantia, la substance, ainsi qu'il l'explique lui-même ailleurs, étant le corps et le solide de l'être dont elle forme le fond ^.

Tertullien nous présente, dans sa doctrine trinitaire, l'expression la plus complète de l'enseignement que son école opposait au patripassianisme au commencement du m® siècle. Il l'avait esquissée déjà dans son Apologeticum (21), en 197; mais il l'a longuement retravaillée et revue avec soin dans son Adi^ersus Praxean composé entre 213-225 (?) : nous en parlerons ici d'après ce dernier ouvrage^.

Pour cet exposé, Tertullien part, comme les apologistes, de la personne du Père. Dans le principe, nous dit-il. Dieu est seul; mais ce Dieu a en lui sa raison, et, dans sa raison, la parole intérieure qui en accompagne toujours l'exercice, parole dont Dieu, par sa conversation intime, fait ainsi un second terme: «habentem in semetipso proinde rationem, et in ratione sermonem, quem secundum a se faceret agitando intra se » (5).

Quand le moment est venu de créer, Dieu profère cette parole intérieure qui contient sa raison et ses idées, et par elle est créé l'univers (6). Cette prolation constitue la naissance parfaite du Verbe : « haec est

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