‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 137 sur 223 · Adv. Marcion., U · texte numérisé non relu

Adv. Marcion., U

avec le Père et le Fils (2), procédant du Père par et à travers le Fils (4, 8), vicaire [çicaria çis) du Fils \ docteur de toute vérité (2).

Telle qu'elle est, et malgré les défaillances qui s'y trahissent, la doctrine trinitaire de Tertullien réalisait donc sur ce qui l'avait précédé un progrès énorme. Cent ans avant Nicée, la foi de l'Eglise y recevait son expression juste et dernière. La théorie même de la génération temporelle s'y trouvait en partie corrigée par la distinction de la conception ad intra et de la génération ad extra du Verbe : le subordinatianisme était rendu plus inoffensif par le rapport étroit établi entre l'infériorité du Fils et son origine, rapport qui allait à représenter cette infériorité comme le fait de sa personnalité plutôt que de sa nature. Encore un pas dans ce sens, et les derniers vestiges des anciennes confusions auraient disparu.

On a vu plus haut que l'on accuserait probablement à tort Tertullien d'avoir enseigné la corporéité de Dieu : en revanche, il n'est pas douteux qu'il ait admis la corporéité de l'âme humaine 2. C'est une doctrine qu'il avait empruntée aux stoïciens, qu'il allègue 3, et au médecin Soranos d'Ephèse dont il élève très haut l'autorité ^. Mais il l'appuie aussi sur une singulière vision d'une chrétienne montaniste, à qui une âme s'était montrée « tenera et lucida et aerii coloris, et forma per omnia humana^ ». Malgré cela, il proclame l'âme simple et indivisible ^, immortelle en tant qu'elle émane du souffle de Dieu ^. Tertullien est dichotomiste^ ;

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