‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 138 sur 223 · De anima · texte numérisé non relu

De anima

3iO LA THEOLOGIE ANTENICÉENNE,

il rejette la préexistence des âmes aussi bien que la métempsychose ^ ; mais il professe un traducianisme grossier : Tâme est semée comme le corps, et, comme lui, reçoit un sexe ^; et ainsi toutes les âmes étaient contenues en Adam de qui elles viennent ^.

Notre auteur a affirmé très énergiquement la liberté humaine, et a trouvé dans le jeu de cette liberté Texplication du mal moral et du péché ^. 11 l'a trouvée encore dans la déchéance de l'homme depuis la désobéissance de notre premier père. Cette faute a entraîné pour toute la race humaine non seulement la mort, mais aussi de nouvelles fautes et leur châtiment : (' Homo damnatur in mortem ob unius arbusculae delibationem, et exinde proficiunt delicta cum poenis, et pereunt iam omnes qui paradisi nullam cespitem norunt ^. » « Portavimus enim imaginem choici per collegium transgressionis, per consortium mortis, per exilium paradisi ^. » Elle a introduit dans l'âme, dans toutes les âmes, une souillure, une tare originelle, une pente au péché. Ici se manifeste dans la pensée de Tertullien une certaine imprécision, qui ne permet pas de distinguer nettement s'il voit dans cette souillure un péché proprement dit ou seulement la concupiscence qui y entraîne. La première hypothèse cependant paraît bien correspondre à son sentiment : « Ita omnis anima eo usque in Adam censetur donec in Christo recenseatur, tamdiu immunda quamdiu recenseatur ^. » Quoi qu'il en soit, il n'hésite pas à dire que c'est notre naissance et notre descendance d'Adam qui nous en

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