‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 139 sur 223 · De anima, 40; cf. 16, 4J · texte numérisé non relu

De anima, 40; cf. 16, 4J

fait hériter ainsi la perversion et les justes peines : « Per quem (Satanam) homo a primordiis circumventus... exinde totum genus de suo semine infectum, suae etiam damnationis traducem fecit'. » Il y a, dans cette suite d'affirmations, au moins une ébauche de théorie du péché originel à laquelle la théologie donnera plus tard son complément.

Cependant, à l'homme déchu il faut un rédempteur. Ce rédempteur est Jésus-Christ. De même que pour la Trinité, Tertullien a su trouver, en parlant de la personne du Sauveur, le terme exact et la formule définitive. Sa christologie a tous les mérites de sa doctrine trinitaire, sans en avoir les défauts.

Les erreurs qu'il avait à combattre ici étaient de plus d'une sorte : d'abord le docétisme sous différentes formes : les uns, comme Marcion, niant la réalité même du corps de Jésus-Christ, les autres en faisant un corps astral et céleste, comme Apelles, ou même psychique et spirituel, comme Valentin : tous s'accordant à nier la naissance vraie du Rédempteur ex Maria; puis, le dualisme gnostique, précurseur du nestorianisme, et n'admettant, entre les deux éléments, divin et humain, qu'une union factice et souvent transitoire. Il semble aussi que Tertullien ait rencontré des o-ens qui voyaient dans l'incarnation une transformation du Verbe en la chair, ou une fusion en une seule des deux natures unies. A toutes ces erreurs il a opposé des arguments précis.

Le corps de Jésus-Christ, affîrme-t-il, est réel, conçu et né comme le nôtre, comme le nôtre composé de chair et d'os'^ En niant cette réalité, on nie d'un coup les souffrances et la mort du Sauveur, on transforme en une illusion toute l'économie de la Rédemption, et

Page 1