‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 140 sur 223 · LA THEOLOGIE ANTENICEENNE · texte numérisé non relu

LA THEOLOGIE ANTENICEENNE

cette conséquence arrache au grand polémiste un cri sublime : « Parce unicae spei totius orbis M » — Le corps du Christ n'est pas d'ailleurs un corps céleste : il est vraiment né 2. Les anges qui ont apparu ont pu s'organiser des corps sidéraux : ils ne venaient pas pour mourir; le Christ, venant pour mourir, devait aussi naître ^. Il est donc né, et de la substance même de la Vierge, ex ea. L'auteur y insiste ^, et ne craint pas, pour nous en convaincre, d'accumuler des détails d'un grossier réalisme. Bien plus, de peur que la naissance de Jésus-Christ ex Maria ne parût suspecte, s'il enseignait que la Vierge est restée vierge dans son enfantement [utérus clausus), il le nie sans hésitation : « Virgo quantum a viro ; non virgo quantum apartu... Itaque magis (vulva) patefacta est quia magis erat clausa. Utique magis non virgo dicenda est quam virgo ^. » — Jésus-Christ est ainsi de notre race. Et de même qu'il a pris notre corps, parce qu'il devait sauver ce corps®, il a pris aussi notre âme, une âme spirituelle et intelligente'^. Il est donc homme parfait, partageant nos passions, nos faiblesses, nos infirmités hormis le péché ^ : il est le nouvel homme, le nouvel Adam ^.

Il est Dieu aussi cependant, Tertullien ne l'ignore pas*^; et dès lors la question se pose de la façon dont il faut concevoir et exprimer l'union en lui du divin et de l'humain. Tertullien d'abord considère cette union

A. De carne Christi, 5; Adr. A/arcton., III, 8.

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