De patientia
3. Adv. Praxean, 27. Sur le sens du mot status, v. Adv. Prax., 2.
4. Remarquons que TertuUien emploie toujours, pour désigner la nature, le mot substantia. Dans la Trinité, una substantia, très personae ; en Jésus-Christ, laia persona, duae substantiae. Le mot natura a chez lui un autre sens : il désigne les propriétés qui peuvent être communes a plusieurs substances différentes (De anima, 3-2). Cependant, v. plus bas. L'emploi de nattera pour désigner les natures en Jésus-Christ a en tout cas été rare jusqu'au v® siècle.
o. « Transfiguratus in carne an indutus carnem? Imo indutus » (Adv. Prax., 27; De carne Christi, 3, 18).
G. Adv. Praxean, 27, 7. Adv. Praxean, 27.
344 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE.
« Quae propriétés conditionum divinae et humanae aequa utique naturae utriusque veritate dispuncta est, eadem fide et spiritus et carnis. Virtutes spiritum Dei, passiones carnem hominis probaverunt ^ »
Tertullien n'a fait qu'esquisser, sans le développer nulle part, son enseignement sotériologique. Il est clair cependant qu'il conçoit la Rédemption comme la conséquence d'une substitution de Jésus-Christ innocent aux pécheurs, et d'une expiation fournie par le même Jésus-Christ mourant pour nous. Notre mort, en effet, ne pouvait être réparée que par la mort du Seigneur^. D'autre part, Jésus-Christ est le nouvel Adam en qui toutes les âmes étaient contenues ^; et son Père l'avait précisément envoyé, lui, pur et saint, afin qu'il mourût pour les pécheurs. C'est ce que le Sauveur a fait, et par quoi il nous a délivrés de nos fautes et de la mort qu'elles méritaient^.
Le salut cependant est œuvre personnelle, et les mérites et satisfactions de Jésus-Christ ne nous dispensent point de mériter nous-mêmes notre bonheur et de satisfaire pour nos fautes. Cette théorie du mérite et delà satisfaction est peut-être, dans toute l'œuvre de Tertullien, celle où se trahit le plus son esprit de juriste. Il a créé pour elle toute une terminologie qui a subsisté, et qui reste caractéristique de la théologie latine ^ . Non pas que notre auteur méconnaisse la part de la grâce dans l'accomplissement des bonnes œuvres^; mais, en dehors de cette considération, les rapports entre Dieu et l'homme sont pour lui, au sens strict, des rapports de maître à serviteur et en entraî-