‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 147 sur 223 · De oratione · texte numérisé non relu

De oratione

SAINT HIPPOLYTE, TËRTULLIEN, NOVATIEN. 349

tout autre alimenta — Quant aux deux passages Adversus Marcionem, iv, 40 et m, 9, contraires, ce semble, à la doctrine de la présence réelle, ils s'expliquent aisément, si Ton remarque que notre docteur voit dans le pain, même non eucharistique, la figure de la chair de Jésus-Christ ; « Mittamus lignum in pane m eius » (7e/-e/?2., XI, 19). — Observons enfin que l'Eucharistie n'est pas pour lui seulement un sacrement, mais aussi un sacrifice^, que l'on offre au jour anniversaire des martyrs et pour les défunts ^.

Il sera question plus loin de la doctrine pénitentielle de Tertullien. Sur le mariage, ses sentiments avaient toujours été fort sévères, jusqu'à ce qu'ils versassent complètement dans l'hérésie. Il admet le repudium pour cause d'adultère, mais il n'autorise pas, pour autant, la femme répudiée à se remarier^. Dans son Ad uxorem (i, 1), écrit entre les années 200-206, il se montre déjà très vif contre les secondes noces. Dans son De exhortatione castitatis (1, 2, 5) composé entre 208-211, il les condamne comme une sorte d'adultère; mais dans le De monogamia (après 213), il est absolument intransigeant, et soutient que la nouvelle loi du Paraclet a corrigé ici l'indulgence de l'Évangile (1,2, 14). — A noter son importante observation, que le mariage, pour être reconnu comme incontestablement légitime, doit être conclu devant l'Église ^.

La sévérité outrée de notre auteur sur la question des secondes noces n'est du reste qu'un aspect particulier de celle qui règne dans toute sa morale. Il dis-

\. Ad uxorem, H, 5.

Page 1