De cibis iudaicis, U
4. Les références entre parenthèses qui suivent se rapportent toutes, sauf indication contraire, au traité De Trinitate.
354 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE.
quantQS sit » (2, cf. 7). Tout anthropomorphisme est rejeté (5, 6).
Or, avant le temps, toujours, le Père possède en lui^ engendre son Fils. Qu'il l'ait possédé en lui éternellement, les apologistes et Tertullien l'admettaient; qu'il l'ait engendré de toute éternité, Tertullien ne l'admettait qu'en partie, puisque, en distinguant en Dieu la conception de la génération proprement dite, il ne lui attribuait pas une paternité éternelle. Novatien fait un pas de plus. Bien que le Fils, conçu et né éternellement du Père, reste en lui, cette première naissance suffît pour que Dieu ait toujours été Père : « Hic ergo (Filius), cum sit genitus a Pâtre, semper est in Pâtre. Semper autem sic dico, ut non innatum sed natum probem... Semper enim in Pâtre, ne Pater non semper sit Pater » (31). Cette première génération toutefois doit recevoir un complément. Quand il le veut, c'est-à-dire au moment de la création, Dieu profère son Verbe : celui-ci ne naît plus seulement, il procède : il était dans le Père, il devient avec le Père : « Ex quo (Pâtre), quando ipse voluit, sermo Filius natus est;... hic ergo, quando Pater voluit, processit ex Pâtre; et qui in Pâtre fuit, processit ex Pâtre; et qui in Pâtre fuit, quia ex Pâtre fuit, cum Pâtre postmodum fuit, quia ex Pâtre processit » (31).
Ainsi né et sorti du Père, le Fils est une seconde personne, et comme tel, distinct de lui (« secundam personam effîciens post Patrem, qua Filius », 31, col. 950) ; mais d'ailleurs il est « substantia divina » (31, col. 950, A), Dieu, comme le Père (11-24, 31). Entre eux il existe une « communio substantiae » (31, col. 952, B). Si le Père est antérieur au Fils, c'est seulement « qua Pater » (31, col. 949, B) ; de même que le Fils n'est une seconde personne après le Père que a qua Filius » (31, col. 950, A).
Novatien, évidemment, serre ici d'aussi près que possible le consubstantiel ; et toutefois, il n'efface pas, dans son propre exposé, la note subordinatienne qu'il a trouvée dans celui de Tertullien. Non seulement il admet cette subordination personnelle, qui résulte en quelque sorte forcément pour le Fils de ce que son être lui est communiqué (31, col. 949, B Cj ; mais il déclare que le Fils n'est ni invisible ni incompréhensible comme le Père (31, col. 950, B C); que c'est lui qui s'est montré dans les théophanies comme une image du Père attempérée à la faiblesse de nos regards (18, cf. 19, 20) ; qu'il lui obéit en tout (61, col. 951, A B ; 26) ; en un mot qu'il lui est inférieur (27). Cette défaillance de Novatien n'a pas échappé aux théologiens postérieurs, et il est piquant de voir cités, dans le Conflictus Arnobii caiholici et Serapionis (i, 11) ^ des fragments du chapitre 31 du De Trinitate comme l'expression fidèle de l'arianisme.
Sur le Saint-Esprit, notre auteur reproduit les données scripturaires. Il ne le nomme nulle part Dieu. Cependant, il en fait le troisième terme de la Trinité (29), lui attribue une éternité divine et une vertu céleste [diçina aeternitas — caelestis virtus, 29), et le déclare r « illuminator rerum divinarum » (16) : mais il le subordonne au Christ : « minor autem Christo Paraclitus » (16, col. 915) : la place de l'Esprit-Saint est entre le Fils de qui il reçoit et les créatures à qui il donne [ibid.].
Comme dans sa doctrine trinitaire, Novatien, dans sa doctrine christologique, relève de Tertullien. Je ne fais que la résumer rapidement. Jésus-Christ est vraiment homme; son corps réel n'est ni éthéré ni astral, mais pris ex Maria et né d'elle, semblable, par conséquent, au nôtre qu'il devait régénérer par sa résurrection (10). D'autre part, Jésus-Christ est Dieu. Il est donc à la fois