De pudicitia, 18, p
366 LA THEOLOGIE ANTENICEENNE.
àl'évêque de préciser la nature et les circonstances. — Remarquons seulement que Tertullien ne dit nulle part que la confession des péchés sera publique. La satisfaction le sera, et par là même la culpabilité du pécheur se trouvera, d'une certaine façon, rendue aussi publique (10, p. 661); mais d'aveu proprement public il n'est pas ici question.
La satisfaction ou expiation suit Taveu des péchés, et constitue le second acte de la pénitence. Elle est fort dure. Le pénitent se prosterne et s'humilie, couche sur la cendre, néglige les soins de propreté, se nourrit de pain et d'eau, jeûne, pleure, « mugit », se livre nuit et jour à la prière, puis, dans l'assemblée des fidèles, se traîne aux pieds des prêtres, des confesseurs, des veuves, de tous les frères, afin de les supplier d'intercéder pour lui^ A ce compte, Tertullien déclare que le pénitent satisfait réellement à Dieu, qu'il apaise sa colère et se remet lui-même dans l'état d'où il était déchu : a Paenitentia deus mitigatur... ut in peccatorem ipsa (paenitentia) pronuntians pro dei indignatione fungatur, et temporali afflictatione aeterna supplicia non dicam frustretur, sed expungat. Cum igitur provolvit hominem, magis relevât; cum squalidum facit, magis mundatum reddit : cum accusât, excusât; cum condemnat, absolvit-. » A quoi tient cette efficacité de l'expiation, l'auteur ne le dit pas expressément : il suppose seulement que les larmes et les prières des fidèles, en qui et par qui le Christ pleure et prie pour les coupables, touchent le cœur de Dieu : « Cum te ad fratrum genua protendis, Christum contrectas, Christum exoras. Aeque illi cum super te lacrimas agunt, Christus patitur, Christus patrem deprecatur.