Depaenit., 7, pp
5 II n'est pas question, du reste, dans Tertullien, de pénitence et d'absolution privées.
368 LA THEOLOGIE ANTENICEENNE.
dont l'Eglise ne donne pas elle-même, mais réserve à Dieu le pardon. Ce sont Tapostasie, la fornication ou l'adultère, et le meurtre. Bien que Tertullien ne mentionne cette exception que dans son De pudicitia, àroccasion du décret de Calliste, il est manifeste, précisément par ce qu'il en dit, qu'elle était faite à Rome et en Afrique avant ce décret, et qu'au moment où il écrit elle y était encore maintenue pour le meurtre et l'apostasie ^ Il faut distinguer, remarque-t-il, deux sortes de péchés, les uns rémissibles, les autres irrémissibles, les uns non ad mortem, les autres ad mortem^ d'après saint Jean (I loann.^ v, 16) -. Les premiers — dont il nous donne des exemples — peuvent être pardonnes par l'évêque et « per exoratorem patris Christum » ^ : dans les seconds Tertullien comprend « homicidium, idololatria, fraus,negatio, blasphemia, utique et moechia et fornicatio, et si qua alia violatio templi dei ^ » ; mais en pratique, la liste se réduisait à l'idolâtrie (ou apostasie), à la fornication (ou adultère) et au meurtre ^. De ces péchés, observe-t-il, on doit faire pénitence, toutefois le pardon en est réservé à Dieu : « Haec enim erit paenitentia quam et nos deberi quidem agnoscimus multo magis, sed de venia deo reservamus ^. » Celui qui les a commis pourra et devra gémir et se lamenter : l'Église ne le restituera pas dans la communicatio ecclesiastica '^ ; le Christ, ce Christ dont la prière réconciliait le pécheur ordinaire, ne priera pas pour lui : « horum ultra exorator non erit Christus ^ . » Non pas que cette pénitence doive rester inutile et vaine. Aucon-
\. De pudicitia, 3, p. 800.