‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 160 sur 223 · De pudic, IJ, p · texte numérisé non relu

De pudic, IJ, p

traire, en l'accomplissant, le coupable jette en Dieu les semences de son pardon : la paix que l'Eglise ne lui rendra pas ici-bas. Dieu la lui rendra lui-même un jour^ Mais enfin il reste vrai que, pendant sa vie, il n'obtiendra pas de l'Eglise sa réconciliation.

Est-ce donc que l'Eglise n'a pas le pouvoir de remettre ce genre de fautes? Même devenu montaniste, Tertullien ne lui déniera pas absolument ce pouvoir 2. A plus forte raison la vraie Eglise etlepape, nous le verrons, le revendiqueront-ils pour eux. Si donc ils n'en usent pas, c'est qu'ils ne jugent pas à propos de le faire. La réserve qu'ils s'imposent est une réserve ecclésiastique et disciplinaire, non de droit divin. Le décret de Calliste, dont il faut maintenant parler, allait pleinement le montrer.

On comprend assez combien pénible était la situation faite aux renégats, aux fornicateurs et aux homicides par la discipline dont il vient d'être question. Pénitents, ils devaient le rester toute leur vie sans espoir de rentrer dans la communion de l'Eglise. Bien des âmes faibles durent se rebuter à cette perspective, et négliger une pénitence qui paraissait manquer son but. Voilà probablement — car nous ignorons dans quelles circonstances exactement il se produisit — ce qui provoqua dans la discipline , au commencement du m® siècle, un adoucissement dont le pape Calliste fut l'auteur.

Le décret qui le promulgua ne nous est connu que par Tertullien et peut-être parrauteurdesP^z7o.so/?AoM/?2e/zû^, Au dire du premier, il statuait en substance que désormaisles fornicateurs et adultères seraient soumis à une pénitence seulement temporaire, et, après son accom-

1. « Et si pacem hic non metit, apud dominum seminat. Nec amitlit, sed praeparat fructum. Non vacabit ah emolumento, si non vacaverit ab officio » (De pudic.,3, p. 797).

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