‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 163 sur 223 · De pudic, 21, p · texte numérisé non relu

De pudic, 21, p

372 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE.

mettre les péchés, et ce pouvoir, il l'a sans doute communiqué à l'Église, mais avec cette restriction qu'elle n'en userait pas pour les péchés ad mortem : « Potest ecclesia donare delictum, dit l'Esprit, sed non faciam ne et alia délinquant. » En tout cas, l'Eglise, si elle exerçait ce pouvoir, l'exercerait, non par l'épiscopat et la hiérarchie officielle, mais par les hommes spirituels à qui le Saint-Esprit en aurait octroyé le charisme et le don : « Et ideo ecclesia quidem delicta donabit, sed ecclesia spiritus per spiritalem hominem, non ecclesia numerus episcoporum. Domini enim, non famuli est ius et arbitrium, dei ipsius, non sacerdotis^, » Il semble que, par ces dernières paroles, le montaniste Tertullien retirât ce qu'il avait d'abord accordé, et vît, dans la puissance d'absoudre en général, non un pouvoir régulier de l'épiscopat, mais l'effet d'un charisme spécial concédé à quelques privilégiés.

Quant aux martyrs, le même Tertullien leur dénie tout pouvoir d'absoudre les pécheurs dont il s'agit, et de leur rendre la communion ecclésiastique. Ils ne sauraient le faire, remarque-t-il, qu'en mourant pour eux par une substitutio vicaria, comme Jésus-Christ est mort pour nous : et cela est impossible ^. Il n'y a que le martyre personnel — parce qu'il est un second baptême — , qui puisse purifier le coupable et le réconcilier"*.

TertulUen et l'auteur des Philosophoumena ne furent pas les seuls à résister d'abord à l'innovation disciplinaire introduite par Calliste. Nous voyons par une lettre de saint Cyprien (lv, 21), que plusieurs évêques africains continuèrent pendant quelque temps à refuser

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