‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 165 sur 223 · Ep. XVII · texte numérisé non relu

Ep. XVII

Mais ce que saint Cyprien ne veut pas, ce qu'il réprouve absolument, c'est que, sur la simple recommandation des martyrs et la vue de leur billet de réconciliation, sans pénitence préalable, sans exomologèse et sans imposition de la main de l'évêque, on admette à la communion les lapsi bien portants ^ . 11 voit là un abus qu'il ne saurait tolérer.

Quant aux droits des martyrs en cette affaire, il ne leur en reconnaît qu'un, celui de recommander à l'évêque les lapsi et de solliciter leur réintégration, mais sans pouvoir l'exiger ni, à plus forte raison, l'opérer eux-mêmes 2. Encore veut-il que dans leurs libellipacis ils mentionnent non des groupes de personnes en bloc, mais des personnes distinctes, désignées par leur nom, et qui aient déjà fait une pénitence à peu près suffisante^.

Ces décisions de l'évêque de Carthage, encore que provisoires, ne furent pas naturellement du goût de tous les intéressés. Certains confesseurs devinrent plus arrogants que jamais ^ ; les lapsi, réclamant leur réconciliation non plus comme une faveur, mais comme un droit, provoquèrent en quelques villes de véritables émeutes, et trouvèrent dans le clergé des complaisants qui accueillirent leurs prétentions ^. Il fallut que saint Cyprien rappelât qu'il appartient aux évêques de gou-

4. « Nam cum in minoribus peccatis agant peccatores paenitentiam iusto tempore, et secundum disciplinae ordinem ad exomologesim veniant, et per manus impositionem episcopi et cleri ius coramuuicationis accipiant, nunc, crudo tempore, persecutione adhuc persévérante, nondum reslituta ecclesiae ipsius pace, ad communicationem admittuntur, et ofl'ertur nomine eorum, et nondum paenitenlia acta, nondum exomologesi facta, nondum manuels ab episcopo et clero imposita, eucharistiaillis datur, cum scriptum sit : Qui ederil panem aut biberit calicem Domini indigne reus crit corporiset sanguinis Domini » [Ep. XVI, 8; cf. Ep. XV, 1).

Page 1