EusÈDE, Hist. eccl., VII, o, G
4. V. P. MONCEAUX, Hist, litt. de l'Afrique chrét,, II, pp. 91-97.
soit perdue : elle éclairerait peut-être plus d'un point obscur.
Dans l'argumentation de saint Cyprien et de Firmilien, la confusion entre la validité et Vef/icacité du baptême est complète. On ne suppose pas qu'un baptême qui ne remet pas immédiatement les péchés puisse être compté pour quelque chose.
Or que le baptême conféré par les hérétiques et les schismatiques soit incapable de remettre les péchés, c'est ce qui ressort de cette considération fondamentale souvent reproduite que la vraie Eglise seule peut opérer cette rémission; qu'en elle seule se trouvent la grâce et les moyens de la communiquer ou de la recevoir ; qu'elle est l'arche en dehors de laquelle il n'y a point de salut, la fontaine scellée à laquelle ceux du dehors ne sauraient puiser; que les hérétiques et les schismatiques, étant hors de l'Église, ne sauraient par conséquent donner la grâce du baptême ni purifier les âmes^ Puis, ajoutait-on, le baptême est une génération des enfants de Dieu. Or l'hérésie n'est pas l'épouse de Jésus-Christ; elle ne peut donc lui engendrer des enfants -. Et d'ailleurs, les adversaires accordent que les hérétiques sont incapables de communiquer l'Ésprit- Saint, puisqu'ils reçoivent précisément dans l'Église, par le rite collateur du Saint-Esprit, ceux d'entre les dissidents qui se convertissent. Mais comment les hérétiques seraient-ils incapables de cette communication si leur baptême remettait les péchés ? Car le Saint-Esprit est, en définitive, l'auteur de la rémission des péchés dans le baptême. L'Église, le Saint-Esprit, le vrai baptême sont trois termes étroitement liés et qui vont nécessairement ensemble ^. Et maintenant, autre ordre d'idées —
1 . Epp. LXIX, 2, 3 ; LXXIII, 7, 10-12 ; LXXIV, 11 ; LXXV, 11, 16.