Ep. LXXIII
U. Epp. LXXI, 4; LXXUI, 3.
5. Ep. LXXIV, 1. On a voulu entendre ces mots en ce sens qu'ils enjoindraient de ne renouveler que ce que la tradition ordonne de renouveler, à savoir l'imposition delà main : « niliil innovetur nisi, etc. ». Ce n'est pas la signification que les contemporains ont donnée au motin?(0vetur (S. Cyprien, Ep. LXXIV, 2; cf. Ep. LXX, 5; De rebaptismate, \). I.e pape pose un principe général : il faut s'en tenir à l'usage et ne rien innover. Or cet usage prescrit seulement l'imposition de la main.
la valeur probante de la coutume en général (« Non est autem de consuetudine praescribendum, sed ratione vincendum ^ »), tantôt conteste-t-il l'origine divine et apostolique de celle qu'on lui oppose 2.
Mais, outre cet argument, le parti romain en invoquait d'autres. L'évêque de Carthage reprochait au pape de s'appuyer sur l'exemple des hérétiques qui ne rebaptisaient point leurs adeptes ^ : à son tour, on lui faisait observer qu'en reitérant le baptême, il imitait les novatiens qui, eux, le réitéraient aussi aux sectateurs qu'ils recrutaient ^ On ajoutait qu'il ne faut pas considérer la personne qui baptise, mais la foi du baptisé ^ ; que saint Pierre et saint Jean n'avaient pas rebaptisé les Samaritains ^ ; qu'exiger un nouveau baptême était dresser un obstacle au retour des hérétiques ^. Mais surtout on insistait sur la puissance des noms divins invoqués dans la formule baptismale, puissance qui s'exerce indépendamment de la foi ou de la dignité du ministre ^. Ce dernier argument est plus particulièrement mis en relief dans le Liber de rebaptismate. L'auteur de cette œuvre, confuse d'ailleurs et mal ordonnée ^, commence à entrevoir la distinction entre la validité et V efficacité du rite baptismal. Pour recevoir toute l'efficacité du baptême, observe-t-il, il faut renaître de l'eau et de l'Esprit (2). Renaître de l'Esprit est, en définitive, le principal, puisque la cérémonie de l'immersion est susceptible d'être suppléée, comme on le voit dans le martyre