EfsÈBE, Hist. eccL, VI, 3G
DENYS D'ALEXANDRIE, METHODIUS. 419
Pierre avait probablement dirigé l'école catéchétique; en 300, il devint patriarche, et en 311 fut martyrisé. De ses œuvres il ne reste que des fragments assez courts, mais qui suffisent à caractériser son attitude vis-à-vis d'Origène. Dans son Ilspl -^u/^riç, il s'élevait contre certaines interprétations allégoriques de la Genèse, et contre l'opinion qui regardait les âmes comme préexistantes aux corps et leur union avec ces corps comme une conséquence de leur péché \ Cette opinion de la préexistence des âmes, ajoutait-il, était une doctrine grecque étrangère au christianisme ^. La même attitude se révèle encore dans les fragments de son traité De la résurrection, où il insiste sur l'identité matérielle du corps ressuscité et du corps enseveli, la résurrection ne pouvant être vraiment une résurrection que si cela même qui est mort revient à la vie.
Des autres fragments conservés de Pierre d'Alexandrie on peut tirer surtout un témoignage en faveur de l'existence de deux natures en Jésus-Christ : « Il était Dieu par nature, écrit-il, et il est devenu homme par nature : ©eôç r^v cpiiasi, xa\ yiyo'^Eyt avôpojTroç cpuaei ^ » ; mais d'ailleurs le Verbe, en se faisant homme, ne s'est pas dépouillé de sa divinité ^. Quant aux quatorze canciis pénitentiels que Pierre nous a laissés ^, ils sont intéressants pour l'histoire de la pénitence à Alexandrie au début du iv^ siècle. On y voit que le patriarche reçoit à la réconciliation les lapsi repentants après une expiation plus ou moins longue, — de quatre ans au plus.