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P. G., XVIII

420 LA THEOLOGIE ANTENICEENNE.

§ 5. — Saint Methodius d'Olympe K

Nous ne savons presque rien de la vie de saint Methodius, évêque d'Olympe enLycie, martyrisé, comme Pierre d'Alexandrie, vers 311; mais les nombreux écrits ou fragments d'écrits qui restent de lui permettent de connaître assez bien son caractère et sa doctrine. Methodius n'est pas un esprit supérieur, mais c'est un écrivain cultivé, curieux de philosophie et de sciences naturelles, un chercheur consciencieux et un polémiste sincère, un théologien bien campé dans la tradition, et qui est, en somme, le premier de son temps, puisque ce temps n'en a pas compté de vraiment grand. Ses tendances générales sont franchement antiorigénistes, non qu'il n'ait appris beaucoup d'Origène, mais parce qu'il a souvent retourné contre lui ce qu'il en avait reçu. De bonne heure, les « archaïsmes de pensée et d'expression » qui paraissaient dans ses ouvrages les firent délaisser du monde grec : on les a retrouvés en partie dans des traductions slavonnes.

Dans son enseignement trinitaire, Methodius reconnaît formellement la pleine divinité du Verbe, Fils de Dieu « par qui tout a été fait ^ », non pas fils adoptif, mais Fils éternel qui n'a jamais commencé et qui ne

1. L'édition citée est, pour Le Banquet, celle de P. G., XVIH, pour les autres ouvrages et fragments, celle de G. N. Bonwetscu, Methodius von Olympus, I, Schriften, Erlangen und Leipzig, 1891. — Travaux : A. Pankow, Methodius von Oîympos, Separatabdr., Mainz, 1888. G. Frit- SCHEL, Methodius von Olympus und seine Philosophie, Leipzig, 1879. C. Ckrzl, S. Methodii Patarensis Convivium decem virginum, Paris, 1880. G. N. Bo:<WETSCH, Die Théologie des Methodius von 0?ywpu«, Berlin,

"1. De la sangsue VII, 3.

DENYS D'ALEXANDRIE, METHODIUS. 421

cessera jamais d'être Fils \ Verbe avant le temps, à qui Ton adresse des prières ^. Photius a cependant remarqué que Le Banquet contient des expressions ariennes, et pense que le texte a été altéré ^. On saisit ailleurs quelques notes subordinatiennes ^. Quant au Saint-Esprit, il est, nous dit l'évêque d'Olympe, l'EXTropsuTy) OTTOff-raciç qui sort du Père, comme Eve est sortie d'Adam •^.

Dieu a créé le monde, et bien qu'il le portât éternellement en lui en puissance, il ne l'a cependant créé que dans le temps ^. Ce monde se résume en l'homme, le microcosme ^. L'homme est caractérisé par la liberté ^ : il a été fait immortel et à l'image de Dieu : oycto Osoç exTias tov avôpojTTOv Itti acpôapata, xat eî/.ova T^ç îSiaç aïoioTYjTOi; iTtotviaÊV aùxov — to ôêOEioÈç xai 6£oei)t£Aov ^. Notre auteur combat la préexistence des âmes et la doctrine d'un péché antérieur à leur union avec le corps ^^. Quant au péché actuel, bien que le démon, dit-il, nous y pousse et ait soufflé en nous la corruption en faisant tomber Adam ^^ ce péché vient en réalité des inclinations de la chair ^^. C'est à nous de résister à ses penchants^^, en attendant que la mort nous délivre de cette chair, caria mort est une grâce de renouvellement^^.

i. Convivium, VIII, 9.

2. Conviv.,lU, 4; VII, 1 ;XI, 2; De la lèpre, XI, 4; De resurrec^, 111,23,11.

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