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CHAPITRE III

§ 1. — Aperçu préliminaire.

On donne le nom de Pères apostoliques aux écrivains ecclésiastiques qui ont' paru à la fin du i" ou dans la première moitié du ii^ siècle, et qui sont censés avoir reçu des apôtres ou de leurs disciples immédiats l'enseignement qu'ils nous transmettent. Ecrivains non proprement inspirés, et inférieurs en vues profondes aux auteurs du Nouveau Testament, ils sont inférieurs aussi, en richesse doctrinale et en puissance de réflexion, à ceux qui les ont suivis eux-mêmes. Ce sont de simples témoins de la croyance beaucoup plus

4. Le but de ce travail étant d'exposer la doctrine des auteurs dont nous parlons et non de raconter leur vie et leur œuvre, on n'y cherchera aucune notice biographique ou bibliographique proprement dite. Les renseignements de ce genre, que nous supposons acquis, doivent être demandés aux auteurs de patrologies et aux historiens de l'ancienne littérature ecclésiastique, Nirschl, Fessler-Juxgmann, Bap.den- HE^YER, Batiffol, Harnack, Kriiger, Krcmbacher, Ehrhard, Ebert, etc. (En voir la liste, avec le litre exact de leurs ouvrages, dans Bardenuewer, Geschichte der altkirchlichen Littcratur, tom. I, Freiburg-i.-B., 1902, p. 16 sqq.). On se contentera ici, pour chaque auteur examiné, de signaler l'édition citée dans ce volume, et les études les meilleures ou les plus récentes sur sa théologie.

116 LA THÉOLOGIE ANTENICEEiNNE.

f[ue des théologiens. Si l'on excepte saint Ignace, génie plus personnel, leur haute valeur vient surtout de leur antiquité. Leurs œuvres appartiennent d'ailleurs principalement à la littérature parénétique. Elles ne sont souvent que des écrits de circonstance, des lettres sur des thèmes religieux et chrétiens, mais qui n'ont à aucun degré la prétention d'en traiter d'une façon didactique et complète.

Ces Pères apostoliques sont au nombre de huit que l'on peut ranger, au point de vue géographique, dans l'ordre suivant : à Rome, la première épître de saint Clément (93-97) et le Pasteur d'Hermas (vers 140-155) ; à Rome ou à Corinthe, Thomélie appelée la deuxième épître de saint Clément (vers 150); à Antioche et le long des côtes de l'Asie Mineure, les sept épîtres de saint Ignace (107-117); à Smyrne, Tépître de saint Polycarpe et son Martyrium (ce dernier de 155-156) ; à Hiérapolis en Phrygie, les fragments de Papias (vers 150); en Palestine peut-être, la Doctrine des douze apôtres (dans sa forme actuelle des années 131-160 suivant Harnack, mais, au moins dans son ensemble, de la fin du i" siècle d'après Funk, Zahn et Batiffol); enfin en Egypte probablement, Tépitre (apocryphe) de saint Barnabe (130-131 d'après Harnack) * .

La source à laquelle ces documents vont puiser leur enseignement et l'autorité sur laquelle ils prétendent l'asseoir, c'est d'abord l'Ancien Testament. Il est pour eux l'Écriture par excellence (^ YP"?''i5 Y^YP°'^'f*0 ^i 1^ P^' rôle sainte (ô ayio? ^oï^O ^- Mais une autorité égale est at-

1. Voir les éditions dans Bardenhewer, op. cit., tom. I, p. 67. L'édition citée ici est la seconde de Fcnk, Patres aposfoh"ci,Tubingen, 1901.

-2. I Clem., IV 1; XXXIX, 3; XXXV, 7, etc.; Ioat., Magnes., XII, etc.; Barn., IV, 7.

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