‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 4 sur 223 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

de contraindre les théologiens — • qui désirent au contraire posséder sur un sujet déterminé les textes groupés ensemble — à parcourir, pour trouver ces textes, le volume entier. Mais, outre que cet inconvénient est inévitable, j'y ai remédié, dans une bonne mesure, en plaçant à la fin du volume une table analytique qui permettra d'établir en peu de temps, sur tel ou tel point de doctrine, la suite des témoignages et de l'enseignement des trois premiers siècles.

Quelques personnes auraient souhaité que les textes cités le fussent toujours d'après les Patrologies grecque et latine de Migne, et avec l'indication de la page ou de la colonne qu'ils occupent. C'est un assujettissement que je n'ai pas cru devoir m'imposer. Pour utiles et précieuses que soient les éditions de Migne, elles ne sont pas toujours irréprochables ni même suffisantes, et l'indication des pages est bien superflue, dès que les ouvrages cités sont divisés en numéros assez courts. On trouvera d'ailleurs cette indication chaque fois qu'elle sera vraiment nécessaire ou utile.

Une note, placée au début des chapitres ou des paragraphes, énumérera les principaux travaux relatifs à l'auteur ou au sujet dont il s'agit. Il sera aisé de compléter ces listes en consultant le Répertoire des sources historiques du moyen âge, Biobibliographie, de M. Ulysse Chevalier, dont la deuxième édition parait en ce moment, et la Geschichte der altkirchlichen Litteratur de M. 0.

AVANT-PROPOS. xi

Bardenhewer. J'en ai exclu généralement, et sauf exception, les ouvrages un peu anciens, les simples articles de revues, et les articles aussi des dictionnaires qui sont naturellement toujours à consulter, tels que le Dictionnaire de théologie catholique y le Kirchenlexikon, la Realencyklopàdie fur protestantische Théologie und Kirche, le Dictionary of Christian Biography, etc. Je me suis seulement montré un peu plus large pour les travaux français. Quant aux histoires des dogmes proprement dites, les plus importantes et les plus connues sont signalées au § 3 de l'Introduction.

La lecture de ces écrits, ou du moins de quelquesuns d'entre eux, m'a été évidemment fort utile; mais elle n'a jamais été pour moi qu'un préliminaire à l'inspection des textes eux-mêmes. Quel que soit le jugement qu'il en porte et qu'elles lui semblent exactes ou erronées, le lecteur de ce volume est donc assuré que les analyses et les appréciations qu'il y trouvera reposent sur un examen personnel et direct des documents. C'est à eux, en définitive, qu'il en faut toujours revenir et c'est à faciliter leur étude que ce livre est surtout destiné. On ne verra donc pas dans ces pages un ouvrage complet et se suffisant à lui seul, mais bien un instrument pour des travaux ultérieurs, et un guide dans l'étude des monuments doctrinaux que nous a transmis l'antiquité chrétienne.

Lyon, décembre 1904.

LA TBÉOLOGIE ANTËNICÉENNE

§ 1. — Notion de l'histoire des dogmes, son objet et ses limites.

La signification fondamentale du mot dogme, ôoyijLa, est celle d'un ordre, d'un décret, d'une doctrine qui s'impose. Saint Luc l'emploie pour désigner l'édit d'Auguste relatif au recensement de l'empire [Luc, ii, 1), et on le trouve avec un sens analogue dans \q^ Actes, XVI, 4; XVII, 7; Ephes., ii, 15; Coloss., ii, 14. D'autre part, Cicéron écrit : Sapientiae ^ero quid futur wn est? Quae neque de seipsa dubiiare débet, neque de suis decretis quae philosophi vocantlô-{\^'xxti.^ quorum nullum sine scelere prodi poterit ^ . Il s'agit ici de doctrines philosophiques que l'intelligence doit accepter. C'est à cette dernière signification que se rattache l'acception ecclésiastique du mot. Marcel d'Ancyre, vers 335, fera encore entrer dans le dogme les lois de la morale chrétienne 2; mais un peu plus tard, Grégoire de Nysse réservera l'expression pour désigner proprement

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