S. ÉPiPU., Haer. xlii
4. S. IREN., Adv. haer., I, 27, 2; HI, 2, 2; Tertull., Adv. Marcion., I, 20 ; IV, 3.
manité; l'autre, supérieur au premier, révélé par Jésus, bon, miséricordieux, plein de douceur ^ Bien que le monde ne le regardât pas puisque ce monde n'était pas son œuvre, il a voulu néanmoins, par pitié, le secourir^.
C'est en Jésus-Christ et par Jésus-Christ que se manifeste le Dieu suprême. Jésus-Christ est l'Esprit sauveur [Spiritus salutaris) ^. Quel est au juste son rapport avec Dieu? Marcion ne le définit pas rigoureusement : ordinairement il identifie Dieu et Jésus ^. En tout cas, Jésus ne réalise nullement les traits du Messie donnés par l'Ancien Testament; il n'a rien du guerrier annoncé qui devait établir le règne du Dieu juste ^. Son corps d'ailleurs n'a été qu'apparent; il n'a rien emprunté à l'œuvre du démiurge — ledocétismeest strict*^ — ; il n'a pas même passé par Marie comme par un canal ; brusquement, la quinzième année de Tibère, le Christ a paru en Judée, sans avoir semblé naître et grandir^. Sa prédication a été une perpétuelle contradiction de la Loi, des Prophètes, de toute l'économie du démiurge^. Aussi ce dernier ne lui pardonne-t-ilpas, non plus que ses partisans. Jésus est saisi et crucifié. Chose singulière ! Marcion qui enseignait le docétisme accorde — sur l'autorité de saint Paul sans doute — à la mort de Jésus une signification et une valeur particulières pour notre Rédemption. Le Dieu bon nous achète du démiurge^. Puis le Sauveur descend aux enfers afin d'y
4. S. IKEN., Adv.haer., I, 27, 2 ; ïertull., Adv. Marx. y I, 6 ; II, 20-2G, etc. ; Adamantius, 1, 10-20.