‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 57 sur 223 · LA THÉOLOGIE ANTÉ.MCÉENNE · texte numérisé non relu

LA THÉOLOGIE ANTÉ.MCÉENNE

Afrique, et les scènes étranges que Ton avait vues en Phrygie se reproduisirent dans les nouvelles communautés. Tertullien nous en donne dans son traité De anima (9) un spécimen intéressant.

L'Église cependant ne s'abandonna pas, et s'efforça immédiatement de repousser l'attaque et de réduire Terreur. En Orient, de saints évêques cherchèrent à ramener les égarés et de vigoureux apologistes lancèrent leurs réfutations. Eusèbe a connu ou cité les ouvrages d'Apollinaire d'Hiérapolis, de Miltiade, de Sérapion d'Antioche, d'Apollonius, et enfin d'un anonyme qui écrivait treize ans après la mort de Maximilla, c'est-à-dire vers 211, et dont il a conservé des fragments précieux. En même temps, plusieurs conciles des évêques de Phrygie et des environs se réunirent. On en mentionne un à Iconium où il fut décidé que l'on renouvellerait le baptême des montanistes qui se convertiraient V et un autre à Synnada^. Tous deux ont dû se tenir entre les années 230-235.

En Occident, les premiers écrits connus relatifs au montanisme sont les lettres des martyrs lyonnais de 177 aux frères d'Asie et au pape Éleuthère envoyées, dit Eusèbe, Trj; twv lxxAr,<yiwv Ûùt^^t^c, evsxev, pour tâcher d'amener la paix. Cette expression a fait penser à quelques-uns — et les protestants l'ont souvent répété ^ — que les auteurs de ces lettres étaient favorables aux montanistes. C'est le contraire qui est certain ; car Eusèbe ajoute qu'un peu plus tard ces documents furent produits par les chrétiens de Gaule, lorsqu'ils donnèrent sur la question leur jugement, un jugement « pieux et très orthodoxe (Eucsêr) xai ôp6ooo^oTaTr;v) ».

\. Epist. Firmiliani ad Cyprianum [Cypriani Epist. LXXV, 7, édit. Hariel).

2, EcsÈBE, H. E.,\ll, 7,o.

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