‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 59 sur 223 · Tertullien, Adv. Praxeam, i · texte numérisé non relu

Tertullien, Adv. Praxeam, i

2. Saint Optât, Contra Par menianum, I, 9. Saint Augustin, De haeresibus, 86.

3. EusÈBE, H. E., V, 16, 20-22. — Dans certaines Églises rattachées au montanisme, un oracle de Quintilla ou de Priscilla donna lieu à d'étranges coutumes. La prophétesse avait vu en songe le Christ, sous forme de femme, descendre vers elle et lui communiquer la sagesse. On en conclut que les femmes pouvaient, comme les hommes, entrer dans le clergé et exercer les fonctions liturgiques. Sept vierges habillées de blanc se présentaient à l'assemblée avec des lampes allumées, et, comme violemment agitées par le Saint-Esprit, exhortaient le peuple à la pénitence (S. Épiphane, Haer. xlix, 1, 2). — Les montanistes furent accusés au iv"= siècle d'immoler un enfant dont on tirait le sang dans les saints mystères (Pdilastrils, 49; S. Èpipb., Haer. xlvhi, 14). S. Jérôme, qui rapporte cette accusation {Epist. XLI, 4), n'y veut pas croire, et rien en effet ne la justifie.

4. Hist. eccles., If, 32. Il remarque ailleurs (VU, 18) qu'une de leurs particularités était de célébrer toujours la fête de Pâques le huitième jour des ides d'avril ou le dimanche suivant, si ce jour n'était pas un dimanche.

216 LA THEOLOGIE ANTÉNICEENNE.

Une réaction, qui donna dans l'erreur opposée à la leur, paraît d'ailleurs s être produite contre eux, en Asie Mineure, presque aussitôt après leurs premiers éclats. Saint Irénée {Adç>. Haer., III, 11, 9) connaît des gens qui, pour ne pas admettre les manifestations du Saint-Esprit, repoussent l'évangile de saint Jean où cette effusion est annoncée. En rapprochant ce texte des données de saint Épiphane [Haer. li) et de Philastrius (60), on incline à voir dans ces dissidents les aloges, dont l'origine remonterait ainsi aux années 170-180^.

Ce que nous rapporte d'eux saint Épiphane est fort simple 2. Ils rejettent Tévangile et l'apocalypse de saint Jean et attribuent ces deux livres à Cérinthe, prétendant qu'ils ne sont pas dignes d'être reçus dans l'Eglise (3) ; dès lors ils rejettent aussi le Logos prêché par l'apôtre (3, 18), et à cause de cela méritent bien le nom d'àXoyoi [sans raison, 3). Saint Epiphane ne suppose pas cependant que l'éloignement qu'ils montrent pour le terme Xoyo; entraîne chez eux la négation de la personne du Fils — au contraire, il témoigne qu'ils sont généralement d'accord avec l'Église — ; ni même que leur refus de reconnaître le quatrième évangile et l'Apocalypse vienne d'un esprit anti-montaniste : on tire cette dernière conclusion plutôt de la comparaison de sa notice avec le passage de saint Irénée.

Par contre cet esprit semble très clair dans le cas du prêtre Caius qui, un peu plus tard, vers Tan 210,

1. Sources : S. Irénée, Adv. haer., HI, H, 9; Philastrius, 60. S. Épiphane, Haer. li. Elsébe, H. E., III, 28, 1. — Travaux : Zaus, Geschichte des neutestamentl. Kanons, I, 220-2G2. Hap^nack, Das Neue Testament um das Jahr 200, Freiburg i. B., 1889. Cop.ssen, Monarchianische Prologe zur den vier Evangelien, Leipzig, 1896. Rose, Aloges asiates et romains, dans la Revue Biblique, t. VI, 1897. Les ouvrages sur le montanisme.

2. Saint Épiphan» a dû puiser ses renseignements dans le Syntagma de saint Hippolyte, et dans un autre ouvrage, probablement du même auteur, spécialement dirigé contre les aloges (Haruack, Lehrb. der DG., I, p. 661, note 2).

rejetait non pas l'évangile mais l'apocalypse de saint Jean, car c'est dans un écrit contre les montanistes qu'il avait formulé cette opinion^.

On ne saurait, en tout cas, s'autoriser de ces faits pour affirmer que la canonicité du quatrième évangile n'était pas encore reconnue vers les années 170-180. Pour l'Apocalypse, la question est un peu différente : on n'ignore pas que ce livre, reçu depuis longtemps alors en Occident, eut bien de la peine à entrer définitivement dans le canon des Églises grecques^.

§ 8. — Le millénarisme ^.

C'est ici le lieu de dire un mot de cette erreur fort répandue au ne et m® siècle, mais qui n'eut jamais le caractère d'un enseignement fixe et autorisé.

Le millénarisme est un legs du judaïsme. Les Juifs attendaient, comme on le sait, un règne temporel du Messie dont on fixait quelquefois la durée à 1000 ans. Jésus n'ayant pas réalisé cette attente à son premier avènement, beaucoup de chrétiens en reportèrent l'objet au second. Le Fils de l'homme glorieux devait descendre sur la terre, régner pendant mille ans avec les justes sur une Jérusalem renouvelée; après quoi viendraient la résurrection générale, le jugement et la fin des choses, la félicité éternelle des élus, l'éternelle damnation des impies. Cette opinion, remarquonsle bien, supposait que la rétribution qui suivait la mort n'était que provisoire, la rétribution définitive étant réservée après le jugement dernier.

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