‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 70 sur 223 · ApoL I, 3G · texte numérisé non relu

ApoL I, 3G

232 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE.

un même et unique Esprit de Dieu a parlé par tous les TTVEuixaTocpôpoi (iii, 12). Ils out été comme la bouche par laquelle il s'est exprimé, la lyre dont il a fait vibrer les cordes ^

Ce n'est cependant pas à l'Écriture que nos auteurs empruntent généralement leur idée de Dieu. Philosophes, ils s'élèvent à lui par l'argument de causalité ^ ou par l'argument téléologique^, et le conçoivent comme transcendant et infiniment supérieur à tout ce que nous pouvons en dire ou penser : « Ideo sic eum aestimamus duminaestimabilemdicimus... Aufer additamenta nominumet perspicies ejus claritatem* ». Ce qui n'empêche pas de lui donner des attributs déterminés, et de le déclarer riche éminemment de toutes les perfections physiques et morales qui se rencontrent dans la création ^.

Cette création est son œuvre : il l'a tirée du néant (e^ oux ovtwv ^) : non pas toutefois lui-même immédiatement, mais par son Verbe. Les apologistes éprouvent en effet la même difficulté que Platon et Philon à concilier, avec leur conception transcendante d'un Dieu infini, immuable et parfait, la création d'un monde fini imparfait et changeant. Entre le Dieu de leur philosophie et l'être contingent, il leur faut un intermédiaire. A la suite de saint Jean (i, 3), ils le trouvent dans le Verbe. Cette doctrine, qui s'appuyait ainsi sur l'Ecriture, offrait encore cet avantage de mettre en relief

\. s. Justin, Apol. i, 36; Athénagore, SuppL, 9;Cohortatio ad Gentiles, 8.

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