‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 75 sur 223 · S, Justin, Dial., 60, 127 ; Théophile, ii · texte numérisé non relu

S, Justin, Dial., 60, 127 ; Théophile, ii

procher du créé en quelque façon. La philosophie de nos auteurs ne leur a pas fait méconnaître en euxmêmes les éléments traditionnels, mais elle leur en a dissimulé la portée et voilé les conséquences.

Dans cette construction philosophique, observe M. Harnack^ il n'y a point de place pour la personne du Saint-Esprit. Sans doute; mais les apologistes, ne l'oublions pas, n'empruntent pas leur dogme précisément à la philosophie. Ils connaissent donc l'Esprit- Saint, l'Esprit prophétique, l'image et la similitude de Dieu (9sou ÊÎxtov xat ôjjloiWiç), une portion de Dieu (ôsou (jLoTpav), le diacre du Dieu souffrant (oiaKovoç xou TreTtovôoxoç ôsou) ^. OnaaccuséAthénagore de n'avoirpas assez distingué le Saint-Esprit du Père ; et il est vrai qu'il en fait un écoulement ((XTroppoia) de Dieu, et qu'il établit entre eux le même rapport qu'entre la lumière et le feu, entre le rayon et le soleil ^, rapport que saint Justin précisément jugeait insuffisant pour marquer la distinction réelle des personnes (DiaL, 128). Mais ces difficultés, dont il est impossible d'ailleurs de mesurer exactement la portée, ne sauraient prévaloir contre les textes formels où Athénagore, à côté du Père et du Fils, nomme l'Esprit-Saint comme troisième terme au même titre que les deux autres, et, bien plus, remarque que si ces trois termes sont unis dans la puissance, ils se distinguent par le rang : t:?jv Iv tyJ Ivcoaei ôuvafjiiv, xal tviv Iv -cri Ta^et ôiaip£(7iv '*. — Un reproche analogue — celui de confondre l'Esprit-Saint avec le Verbe — a de même été adressé par Petau ^ à Théophile d'Antioche. Il se fonde sur ce que Théophile donne à l'un et à l'autre le nom de Sagesse («ro-^ia), et leur attribue in-

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