De Trinitaîe, lib. I, cap. m
240 LA THÉOLOGIE ANTENICEENNE.
différemment l'inspiration des Prophètes ^ Mais l'objection n'est pas plus décisive; car Théophile, en d'autres passages (i, 7, 11, 18), énumère les trois termes Oeoç, Xo'yoç, coiia, et au livre ii, 15, nous dit expressément — il est le premier à employer le mot — qu'ils constituent une trinité (rpiàç).
On trouve donc dans les apologistes l'ébauche d'une doctrine trinitaire. Celui qui l'a le mieux résumée, et qui a marqué le mieux l'unité à la fois et la distinction des personnes est Athénagore. Les chrétiens, remarque-t-il, connaissent « un Dieu et son Verbe, quelle est l'union du Fils avec le Père, quelle est la communication du Père avec le Fils, ce qu'est l'Esprit, quelle est l'union et la distinction de ceux qui sont ainsi unis, l'Esprit, le Fils, le Père » [Supplie, 12). « Le Père et le Fils ne font qu'un : le Fils est dans le Père, le Père dans le Fils dans l'unité et la puissance de l'Esprit... Comment, après cela, ne pas s'étonner d'entendre appeler athées des gens qui affirment un Dieu Père, un Fils Dieu, un Esprit-Saint, et qui montrent leur puissance dans l'unité et leur distinction par le rang » [Supplie, 10)?
La christologie ne rentrait pas dans le cadre de la discussion des apologistes contre les païens. Aussi est-elle chez eux fort pauvre, si l'on excepte saint Justin. Aristide se contente de résumer l'histoire de Jésus-Christ d'après l'Evangile 2. Tatien n'a que deux mots, le premier, déjà cité, où il est question du Dieu soulîrant (13); le second qui désigne Jésus-Christ comme ôeôv h àv6pw7rou uopcpyî (21). L'Épître à Diognète connaît également le Sauveur comme Dieu (vu, 4, 8, 9), fils propre et unique de Dieu (ix, 2; x, 2), qui étant
1. Ad Antohjc, comparez ii, iO, 15 avec ii, 22, et ii, 10 avec ii, 30,