Apol.\, 61; Dial., 14; Théophile, ii
Le baptême est une illumination ((pto-cKrfxoç) : il se donne au nom des trois personnes divines. Son effet est de nous régénérer (àvaY£vvr,aiç, iraXtvYewEaia) et de nous remettre nos fautes. Sans lui il n'y a pas de salut ^ .
Sur l'Eucharistie et le service divin on connaît la précieuse description que nous a laissée saint Justin dans sa première apologie (65-67). Le pain et le vin mêlé d'eau sont la matière de l'Eucharistie ^ ; le président (ô TTpoEcyTwç) de l'assemblée les consacre avec les paroles mêmes de Jésus-Christ. Dès lors, ce n'est point un pain et un breuvage commun : c'est la chair et le sang de Jésus incarné, comme il a été lui-même chair et sang pour notre salut. Cette Eucharistie est distribuée à ceux qui sont présents et portée aux absents par les diacres. La célébration des mystères a lieu le dimanche : elle est accompagnée de prières, de l'action de grâces du célébrant, du baiser de paix, de la lecture des commentaires des Apôtres ou des écrits des prophètes, de l'instruction et exhortation du président de l'assemblée, et enfm des offrandes des fidèles pour les pauvres et les indigents. Au chapitre 41 de son Dialogue^ saint Justin, rappelant les paroles de Malachie, I, 10-12, dit expressément que l'Eucharistie offerte par les chrétiens est un sacrifice (Ouata) ^.
La doctrine eschatologique couronne tout cet enseignement. Il y a, remarque saint Justin, deux avènements de Jésus-Christ annoncés par les Prophètes,
4. S. Justin-, Apol. i, 61, G6; Dial., 4't; Théophile, ii, 1G.
2. C'est à tort que M. Harnack a soutenu que S. Justin n'admettait pas le vin comme matière de l'Eucharistie (Brot und Wasser die eucliarislischen Elemente bei Justin, dans les Texte und Unters., VIT, 2, Leipzig, 1891). Cf. ScHEHYiLER, Die Elemente der Eucharistie in den erste,i drei Jahrhunderten, Mainz, 1903.
3. Notons ici, comme se rapportant aux charismes ecclésiastiques, le pouvoir de chasser les démons dont les apologistes témoignent que jouissaient au moins.certains chrétiens de leur temps (S. Justin, Apol. u, 6, 8; Tatien, 10; Théophile, ii, 8).
246 LA THEOLOGIE ANTÉNICEENNE.
l'un dans l'humilité de l'Incarnation, l'autre dans la gloire, avec l'armée des anges ^ Au second avènement trouvera place la résurrection des corps. On sait que saint Justin et Athénagore ont composé chacun un traité pour établir ce dogme et réfuter les objections qu'on y faisait. Les autres apologistes, Tatien (13), Théophile (ii, 14, 15), Minucius Félix (34) le mentionnent également. — Cette résurrection, continue saint Justin, sera suivie pour les élus d'un règne de mille ans sur la terre. Il ajoute, il est vrai, comme je l'ai remarqué ailleurs, que beaucoup de chrétiens orthodoxes n'admettent pas cette opinion ; mais pour sa part, il y tient et accepte sans hésiter la dilation, qu'elle entraînait, de la vision béatifîque pour les justes -. Sa pensée est qu'à la mort les âmes des justes et des prophètes sont tombées au pouvoir des puissances infernales, et que nous devons prier pour que les nôtres n'y tombent pas à leur tour ^.
Saint Justin est le seul, parmi nos auteurs, à parler du milleniiim . Mais tous enseignent le jugement, les récompenses et les peines futures. Eternel sera le bonheur des élus ^ ; éternels aussi seront les châtiments et le feu qui tourmenteront les réprouvés dans leur corps et dans leur âme ^. Quant au monde matériel, il périra dans un embrasement général^.
\. Apol. I, 52;Dja;.,49, HO.