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CHAPITRE VII

LES PREMIERS GRANDS SYSTEMES THÉOLOGIQUES EN ORIENT. CLÉMENT d'aLEXANDRIE ET ORIGÈNE.

§ 1. — Clément d'Alexandrie 1 .

C'est dans l'Église d'Alexandrie que se produisit, à la fin du 11^ et au commencement du iii« siècle, l'effort

1 Édition POTTER, démentis alexandrini opéra quae exstant omnia, Oxford, 4715, dans P. G., VIII, IX. Le tome VIII contient la Cohortatio, le Pédagogue et les quatre premiers Stromates; le tome IX contient les autres ouvrages. Comme les divisions sont généralement longues, j'ai cité partout la colonne de la Patrologie grecque. Voir aussi, pour les Adumbrationes. Zahn, Forschungen zur Geschichte des neuteslamenthchen Kanons, 111, Supplementum Clementinum, Erlangen, 188^. — Travaux • J Kaye, Some account of the writings and opinions of Clément of Alexandria, London, 183o, 2« édit.,1890. On. Bigg, The Christian Platonists of Alexandria, Oxford, 1886. E. de Faye, Cléynent d' Alexandrie, Paris 4898 H Kvi'ï'Ef^, Das Christentum des Klemensvon Alexandrien, dans 'la Schweizerische theolog. Zeitschrift, XVI, 4899. P. Ziegert, Zwei Ahhandlungen iiber T. Flav. Klemens Alexandrinus, Heidelberg, 4894. A. Aall, Der Logos, Geschichte seiner Entwicklung..., II, Leipzig, 1899. g'. Th. HiLLEN, démentis Alexandrini de SS. Eucharistia doctrina, Warendorpii, 4864. W. de Loss Love, Clément of Alexandria not anafter-death probationist or universalist, dans la Bibliotheca sacra, octob. 4888. G. ANRicu, Klemens und Origenes als Begrûnder der Lehre von Fegfeuer, Tiibingen, 4902. J. Winter, Die Ethik des Klemens von Alexandrien, Leipzig, 4882. K. Ernesti, Die Ethik des T. Flavius Klemens von Alexandrien, Paderborn, 4900. Markgraf, Klemens von Alexandrien als asketischer Schriflstethr, dans la Zeitschr. f. Kirchengesch., XXII, 4901. W. Capitaine, Die Moral des Clemens von Alexandrien, Paderborn, 4903. W. Wagner, Der Christ und die Welt nach

264 LA THÉOLOGIE ANTENICEENNE.

dont je viens de parler, et qui créa véritablement la théologie. De cette Eglise nous ne connaissons jusqu'à cette époque que la liste de ses évêques. Mais tout à coup, vers 180, son école catéchétique jette un éclat incomparable et devient le foyer des plus intéressants et des plus féconds travaux.

Le premier nom qui l'ait illustré est celui de Pantène. Pantènen'a guère laissé qu'un souvenir très respecté ''. Il eut pour successeur Clément, d'abord son disciple, qui pendant une douzaine d'années, de 190 à 202 ou 203, dirigea seul ou avec son maître le Didascalée.

Les trois grands traités qui nous restent de Clément, V Exhortation aux Grecs, le Pédagogue et les Stromates sont comme les trois parties d'une œuvre unique mais restée inachevée. Ils forment avec le Quis dwes sals^etur et ce qui a survécu des Hypotyposes surtout dans les Adumbrationes in epistulas canonicas, la source principale où l'on doit étudier la théologie de leur auteur.

Pour comprendre cette théologie, il faut se rappeler que Clément est à la fois profondément chrétien et résolument philosophe. On n'a pas toujours assez remarqué le premier trait. Non seulement la piété chrétienne de Clément s'épanche parfois en admirables effusions 2, mais il reconnaît hautement l'autorité des anciens et de la tradition de l'Église, et proteste qu'il s'y veut attacher : « Celui-là, dit-il, cesse d'être homme de Dieu et fidèle au Seigneur, qui a regimbé contre la tradition ecclésiastique et s'est laissé aller aux opinions des hé-

Clemens von Alexandrien, Gôttingen, 1903. H. Eickhoff, Das Neue Tes tament des Klemens Alexandrinus, Schlesswig, 4890. P. Dausch, Das neuteslamentliche Schriftkanon und Klemens von Alexandrien, Freiburg im Br., 1894. P. Batiffol, L'Église naissante et le catholicisme, Paris, 1909.

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