‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 89 sur 223 · Biblioth., cod · texte numérisé non relu

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4. Strom., 111, 17, col. 4205, 1208; VI, 9, col. 292; VII, 17, col. o53; V, 6, col. 58; Paed., I, 2, col. 25-2 ; I, 6, col. 301 ; II, 2, col. 409; III, 1, col. 557 ; Quis dives salvetur, 37, col. 6il.

5. Strom., VI, 9, col. 292; cf. III, 17, col. 1161, 1164; Paed., I, 2, col. 252; Adumbrat. in Iloann., i, 1, col. 735.

272 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE.

comme Dieu et comme homme*. Mais, d'autre part, Clément le regarde évidemment comme une seule personne dont la personnalité réside dans le Verbe. Les exemples de communication d'idiomes sont fréquents dans ses œuvres, et il suppose que l'union hypostatique a persévéré même pendant le triduum mortis : « Le Verbe vivant et enseveli avec le Christ est exalté avec Dieu -. »

Quant à l'œuvre de Jésus-Christ, elle est pour Clément surtout une œuvre de révélation et d'enseignement. Jésus-Christ est notre docteur et notre maître, notre vrai pédagogue^. Mais elle est aussi une œuvre de rédemption et de réconciliation. Jésus-Christ a donné son âme pour chacun de nous : il est notre rançon (XuTpov lauTov IttiSiSouç) ; il est propitiation pour nos péchés (iXaaudç ), victime immolée (ôXoxapTrojtxa, G'jjjia) dont le sang nous rachète et nous réconcilie avec Dieu \

A ce salut qu'il nous a apporté, Jésus-Christ nous appelle tous ; à nous de lui répondre ^. On lui répond d'abord par la foi. Qu'est-ce que la foi? Clément en parle souvent, mais n'en donne nulle part une définition précise. Il la considère comme étant, en général, une appréciation favorable et une admission anticipée de ce qui sera l'objet d'une intelligente compréhension. Puis, appliquant cette notion aux vérités religieuses, il en tire l'idée de la foi proprement dite ®.

1. Cohort., I, col.Gl; Paed., 111,1, col. or;-;!, 3, col. 2S7; cf. 1,2, col.

■2. Cohort., n, col. 97; Paed., I, îi, col. 277,-280; I, 6, col. 30l;Cohort., \. col. 2-24.

3. Cohort., XI, col. 2-29, 232; XII, col. 240; Paed., 1, 6, col. 280; Strom., V;[,10, col. 480.

■.. Quis dives salvetur, 37; Paed., III, 12, col. 677; Strom., V, 11, col. 10S; Co/iorf.,X, col. 228.

ri. Strom., Il, 6, col. 9r,o, 961.

6. Strom., II, 6, col. 06i; II, 12, col. 992; II, 2, col. 940.

De la foi, ajoute-t-il, naissent l'espérance, qui est l'attente de la possession du bien, la crainte et la pénitence qui nous conduisent à la charité et à la science (àya^^i xai Yvâjfftç) ^ . La foi ainsi entendue est t^x^; sic (rwTyjpiav xai ouvau.iç eîç C^viv aîtoviov, mais elle ne doit point se séparer de l'accomplissement des divins commandements ; et, si elle suffit au salut, elle n'est cependant que le commencement de la connaissance de Dieu et de la perfection chrétienne. Au-dessus d'elle se place la gnose ^.

Nous touchons ici à l'un des points les plus importants de la doctrine de Clément d'Alexandrie. Nul doute qu'il n'ait divisé les chrétiens en deux catégories, ceux qui se contentent de la foi commune (xoivr; Ttiariç) et ceux qui s'élèvent jusqu'à la gnose ; mais il a d'ailleurs expressément condamné l'erreur qui regarderait cette division comme la conséquence d'une différence de nature entre les hommes ^. Loin de s'exclure, ces deux états sont au contraire intimement joints. La gnose suppose la foi, et la foi contient en germe la gnose, puisqu'elle en est le fondement, et que la vie de charité, qui est celle du gnostique, n'est que le développement de la vie de foi qui est celle du simple croyant^.

Qu'est-ce donc au juste que le gnostique chrétien? Clément en a tracé en plusieurs endroits, notamment austromate VII*(10-14) un portrait idéal où il est aisé de relever deux traits principaux. D'abord le gnostique a une connaissance et comme une intuition des vérités que la foi nous fait admettre sans nous en révéler le contenu : il a l'intelligence [è-Kia-sri^Ki]) de Dieu et des choses

A. Strom., 11,6, col. 9G1, 96o.

2. Strom., n, 6, col. 961; II, 12, col. 992; V, 1, col. 21; VI, 14, col. 329, Paed., I, 6, col. 28S.

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