‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 90 sur 223 · Paed., I, 6, col. 280 suiv · texte numérisé non relu

Paed., I, 6, col. 280 suiv

274 LA THEOLOGIE ANTENICÉENNE.

divines en général, de l'homme, de sa nature, de la vertu, du souverain bien, de l'univers et de son origine : les « grands mystères », dont les petits ne sont qu'une préparation, lui sont révélés ^ . Puis, le gnostique mène une vie parfaite, caractérisée par la pratique de deux vertus. Tune stoïcienne, l'autre chrétienne. La première est l'insensibilité (àîraôeia) : le gnostique a déraciné en lui toute passion, tout désir, tout le sensible de sa nature : aussi n"a-t-il que faire des vertus inférieures nécessaires pour la lutte ; il est inébranlable aux événements et inaccessible aux émotions : c'est le philosophe idéal du Portique ^. La seconde vertu est la charité (àya^^) • ^lle est comme le principe qui dirige et féconde toute la vie du gnostique. La charité le fait souffrir pour l'Eglise et travailler à la conversion des âmes ; lui fait aimer ses ennemis, pardonner les injures et endurer le martyre. Le gnostique prie sans cesse et partout, et sa prière est parfaite, soumise qu'elle est toujours à la volonté de Dieu ^.

En somme, dans la foi et la gnose, comme il est aisé de s'en rendre compte. Clément a simplement marqué les deux degrés de la vie chrétienne, celui de la vie commune, et celui de la perfection. Son originalité a consisté, d'une part, à introduire dans Tidée de la perfection l'élément intellectuel et platonicien de la connaissance, et, de l'autre, à introduire dans son élément moral la pratique de la vertu stoïcienne de l'apathie. On saisit ici sur le fait les deux influences, philosophique et chrétienne, qui se sont exercées sur son esprit, et qui se sont traduites dans sa doctrine.

i.Strom., V, 11, col. 108; VI, 8, col. 289; VI, 10, col. 300; VII, 3, col. i2l.

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