Paed., I, 6, col. 280, 281 ; Strom., II, 13, col
276 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE.
dit-il, ma chair et buvez mon sang. Voilà les aliments appropriés que nous donne le Seigneur : il nous présente sa chair; il nous verse son sang; et dès lors rien ne manque aux enfants pour leur croissance. O mystère merveilleux ! Il nous ordonne d'abandonner notre ancienne corruption charnelle, comme notre ancien aliment, et de participer au nouveau régime du Christ, et, le recevant, s'il est possible, de le placer en nous, et de cacher le Sauveur dans nos poitrines, afin de régler les affections de notre chair. Mais peut-être ne veux-tu pas l'entendre ainsi; [peut-être veux-tu l'entendre] d'une façon plus commune. Ecoute encore ceci. » Et l'auteur se met à expliquer comment, par Jésus-Christ et par la foi en lui, nous communions au Père qui le donne en lait et en aliment à ses nourrissons ^
Clément d'Alexandrie paraît comprendre la pénitence à peu près comme Hermas. Après avoir rapporté les paroles du Pasteur sur l'unique pénitence possible après le baptême, il s'efforce de montrer qu'elle doit suffire, et quel désordre ce serait de la répéter souvent 2. Il ne s'agit ici bien entendu que de la pénitence officielle, car les châtiments que Dieu envoie au chrétien pécheur ont d'ailleurs, observe-t-il, pour but de l'amender ^. Remarquons en outre que l'Église d'Alexandrie ne paraît pas avoir connu, au temps de Clément, la réserve qui existait à Rome, vers la même époque, par rapport à la réconciliation des homicides. Cela résulte de l^histoire du jeune homme converti par saint Jean, rapportée par notre auteur dans le Qiiis dives sahetui\ 42.
1. Paed., I, 6, col. 301 ; cf. Paed., H, 2, col. 409, ii^\Excerpta ex Théodoto, 13.