‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 96 sur 223 · Deprincip., 1, Praef · texte numérisé non relu

Deprincip., 1, Praef

3. Deprincip., IV, 11; cf. In Levitic, hom. V, 1, Lom., IX, 239; P. G., XI^ 447.

282 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE.

que le sens psychique ou moral est celui qui s'applique aux relations de l'âme individuelle et particulière avec Dieu et la loi morale; tandis que le sens spirituel a une portée plus vaste, et s'applique aux mystères, à l'Église universelle et à son histoire, au monde à venir et au ciel.

Est-ce à dire que tous les passages de l'Écriture sont susceptibles d'être expliqués dans ce triple sens? Non : et il en est notamment que Ton ne saurait entendre dans le sens littéral. Dieu les a jetés en quelque sorte sous nos pas pour nous faire souvenir que les Livres saints ont une signification plus haute. Ces passages ne se rencontrent pas seulement dans l'Ancien Testament : les évangiles et les écrits apostoliques en contiennent aussi. Origène en donne des exemples; mais il se défend d'ailleurs de réduire ainsi à néant le sens historique et littéral de l'Écriture; car ces cas, ajoute-t-il, ne sont évidemment que des exceptions : « A nobis evidenter decernitur in quam plurimis servari etposse et oportere historiae veritatem^ »

Comment justifiait-il cet allégorisme? — D'abord par l'impossibilité pratique de prendre à la lettre certains récits de l'Ecriture; ensuite par l'autorité et l'exemple de saint Paul 2; mais il se le justifiait à luimême par une raison plus générale, à savoir que toute la nature visible n'est au fond qu'un immense symbole du monde invisible, et chaque individu la représentation d'une idée ou d'un fait suprasensible^. De même que l'homme a été créé à l'image de Dieu, ainsi chaque être l'a été comme l'image d'une réalité supérieure. La foule, incapable d'atteindre à ces réalités,

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