‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 141 sur 426 · In loan., hom. XLYI · texte numérisé non relu

In loan., hom. XLYI

être prises à la lettre, mais bien en ce sens qu'elles se rapportent à la vie spirituelle et supérieure du chrétien. Caj'o non prodest quidquam : non pas que ce que Jésus-Christ a dit être sa chair ne soit pas sa chair; mais parce qu'il ne s'agit pas ici d'une manducation purement matérielle et capharnaïte ^ . — Même interprétation littérale des paroles de l'institution :

« Rendons- nous à Dieu en tout, et ne lui opposons aucune difficulté quand même son affirmation paraîtrait contraire à nos raisonnements et à nos sens : que sa parole soit plus souveraine que nos raisonnements et que nos sens. Soyons ainsi devant les saints [mystères] ; n'ayons pas de regard seulement pour ce qui est sous nos yeux, mais aj^ons présentes les paroles du Christ. Son discours est infaillible, notre sens est faillible... Puis donc que le discours porte Ceci est mon corps, rendonsnous, croyons, voyons le corps avec les yeux de l'intelligence. Car le Christ ne nous a rien donné de sensible, mais dans les choses sensibles tout est intelligible... Combien qui disent : Je voudrais voir sa forme, son aspect, ses vêtements, ses chaussures. Mais voici que tu le vois [lui-même], tu le touches, tu le manges. Tu ne désires que voir ses vêtements ; mais il se donne lui-même à toi, non à voir seulement mais à toucher, à manger, à t'incorporer2. »

Et même réalisme encore dans le Commentaire du passage de saint Paul, / Corinth., x, 16 et suiv. Là, saint Chrysostome insiste encore davantage, s'il se peut, sur l'identité du corps eucharistique et du corps historique du Christ :

Ce qui est dans le calice est cela même qui a coulé du côté [transpercé du Christ], et à cela nous participons... Ce que le Christ n'a pas souffert sur la croix, il le souffre pour toi dans l'oblation, et il consent à être rompu pour rassasier tous [les fidèles]... Quand le corps du Christ t'est présenté, dis-toi à toi-même... C'est ce corps qui, percé de clous et battu de verges,

Page 1