‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 160 sur 426 · P. G., tom. XLYI · texte numérisé non relu

P. G., tom. XLYI

répond en remarquant que chaque corps, malgré l'incessant tourbillon auquel ses éléments sont soumis, offre un type parfaitement reconnaissable et qui ne change point quant au fond. Ce type est connu de l'âme : il a été comme imprimé en elle pendant la vie mortelle : elle conserve donc, même après la mort, vis-à-vis de ce type et pour la matière dont son corps était composé, une attraction, une affinité qui lui permet de reconnaître les éléments qui lui appartiennent dans la masse commune où ils sont tombés. Elle suit d'ailleurs ces éléments, et veille pour ainsi dire toujours auprès d'eux jusqu'au moment de la résurrection, moment où elle en ressaisit ce qui lui est nécessaire pour son corps nouveau*.

La résurrection sera suivie du jugement, dont saint Grégoire de Nazianze donne quelque description-. Les justes seront récompensés suivant leur mérite, les méchants punis ^. Cette peine des damnés sera-t-elle éternelle? Par la réponse qu'ils font à cette question, on peut juger de l'influence d'Origène sur nos auteurs. Or nous constatons que, si la plupart d'entre eux ont conservé, sur ce point, le langage traditionnel, d'autres ont été ébranlés ou même gagnés par l'autorité du maître. La doctrine de Didyme, pour autant que nous la connaissons, est correcte^. Saint Basile, saint Cyrille de Jérusalem, saint Epiphane, saint Chrysostome sont très fermes ^. Dans l'enfer, remarque saint

1. De anima et resurrect, col. 73-80, 14S et suiv.; De hominis opificio, 27 (P. G., XLIV, 225-229); De mortuis {P. G., XLVI, o32-o36).

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