Epist. lib. XI, Epist. LXVII (P. L., LXXVU, lf
3. Sources : avant tout, les fragments conservés de Jovinien luimême dans W. Hallek, Op. infra cit.; puis Saint Jérôme, Adversus Jovinianum libri duo [P. L., XXIII); Dialogus advers. pelugianos, Prolog., 2 (P. L., XXlll). Saint Augustin, De haeresibus, 82. La lettre synodale du concile de Milan de 390, inter epist. sancti Ambrosii, Epist. XLII (P. L., XVI), Epist. Siricii (P. L., XVI, 1121). — Travaux : W. Hal- LER, lovinianus {Texte und Untersuch., N. F., Il, 2), Leipzig, 1897.
Tertium proponit, inter abstinentiam ciborum et cum gratiarum actione perceptionem eorum nullam esse distantiam.
Quartum quod et extremum, esse omnium qui suum baptisma servaverint, unam in regno caelorum remunerationem^ »
Ainsi donc, 1° L'état de virginité n'est pas en soi plus méritoire que l'état du mariage; 2° Ceux qui ont reçu le baptême avec une foi pleine ne peuvent plus pécher; 3° L'abstinence ne vaut pas mieux que la bonne chère ; 4° Tous ceux qui ont gardé la grâce de leur baptême recevront au ciel même récompense. A ces erreurs ajoutons-en deux autres que rapportent saint Jérôme et saint Augustin : 5° Tous les pécheurs seront également punis, parce que tous les péchés sont égaux'en gravité : « nullam esse inter iustum et iustum, peccatorem et peccatorem distantiam ^ », 6° Marie a perdu sa virginité dans son enfantement^.
Ces erreurs furent répandues à Rome par Jovinien, en un livre d'un style obscur et emphatique, mais qui fit quelques ravages. En réalité, et pour grossières qu'elles parussent d'abord, leur portée était grande. Ce que Jovinien prêchait au fond — et ce qui lui a valu toujours depuis les sympathies protestantes — c'est le salut par la foi seule, et l'inutilité des bonnes oeuvres pour le salut, c'est le salut universel de tous les chrétiens. Quiconque avait reçu le baptême />/e/z^ fide ne pouvait plus déchoir, et il importait peu qu'il pratiquât ou non l'abstinence et la continence, puisque ces austérités ne valaient pas plus que leur contraire, et que tous les justes devaient être également récom-