‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 213 sur 426 · Tract. I · texte numérisé non relu

Tract. I

Ambroise\ dans saint Jérôme^, dans l'Ambrosiaster^. Mais ces auteurs, qui admettent notre déchéance physique et morale en Adam, pensent-ils qu'à cette déchéance s'ajoute en nous une véritable faute, que nous naissons, comme enfants d'Adam, véritablement souillés et coupables? C'est proprement la question du péché originel.

Laissons de côté la théorie de Victorin qui explique par rimperfection ou le caractère mauvais de la matière la souillure que les âmes contractent, lorsqu'elles sont introduites dans le monde matériel^. L'auteur essaie bien de corriger cette conception gnostique et fataliste de la faute originelle, en observant, contre les manichéens, que l'homme n'est pas mauvais par nature, et que le mal vient du libre choix de l'âme ^. Il n'en reste pas moins que ses souvenirs origénistes et néoplatoniciens l'ont mal servi. Saint Hilaire dit, d'une façon générale, qu'en Adam nous avons tous erré, parce qu'il nous contenait tous : « In unius Adae errore omne hominum genus aberravit® ». Saint Pacien déclare que « le péché (peccatum) d'Adam a passé avec justice dans ses descendants, parce qu'ils ont été engendrés de lui^ ». Saint x\mbroise, qu'on ne saurait interpréter avec trop d'attention, entend, il est vrai, de la simple concupiscence les haereditaria peccata et Viniquitas calcanei dont il parle au De mysteriis, VI, 32, et dans son commentaire sur le psaume xlviii, 9-10; mais ailleurs il paraît aller plus loin : « Lapsus

1. In Lucam, Vn, 234; De mysteriis, 32; In psalm. XLYHI, 8-10; LXni, 75; Epist. XLI, 7; etc.

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